Quels incitatifs pour enseigner les compétences transversales?

Article très pertinent de Dan Berrett dans le Chronicle.  Alors que les compétences transversales comme l’esprit critique, les compétences rédactionnelles ou le travail en équipe sont considérées selon lui comme le « nouveau canon » dans les colleges américains.

Dans une récente étude menée auprès des chief academic officers au profit de l’Association des universités et des collèges américains, leur importance dans la formation fait l’objet d’un très large consensus.  Ainsi, les institutions qui évaluent certains acquis d’apprentissage (learning outcomes) chez tous leurs étudiants, incluent les compétences suivantes:

Writing skills: 99 %

Critical thinking and analytic reasoning skills: 98 %

Quantitative reasoning skills: 94 %

Oral communication skills: 82 %

Intercultural skills and abilities: 79 %

Information literacy skills: 76 %

Ethical reasoning skills: 75 % (Hart Research Associates, 2015)

La question demeure: comment les intégrer dans les curriculums existants ?  Plutôt que d’espérer vaguement que les étudiants acquièrent l’interprétation du sens, la numératie, la logique spatiale et visuelle ou la littératie informationnelle par osmose, ne devrait-on pas offrir des cours où de telles compétences sont spécifiquement enseignées?  Certains le croient.

Le fait est que l’organisation universitaire demeure encore essentiellement disciplinaire.  La plupart des enseignants a été formée selon cette même logique associée aux contenus:

« The structure of higher education and the training and motivations of most faculty members, however, tend to operate under the old assumptions. Content and disciplines are still mainstays. Students still take courses from the mathematics faculty, not the quantitative-reasoning department. And course material has a depth and allure that skills don’t. Analytical reasoning doesn’t pulse with the mind-expanding genius of Einstein. Lovers swoon to poetry, not oral-communication proficiency. » (Barrett, 2016)

Mais certaines institutions tentent de rendre transversale l’enseignement de compétences… transversales.  À l’Université Emory (Atlanta, Georgia), dans le cadre d’un plan d’amélioration de la qualité, on a choisi de mettre l’accent sur l’enseignement de la preuve (evidence), notamment dans les cours de première année.

Quelque soit le département, on tente de mettre l’emphase sur la façon dont chaque discipline met de l’avant, utilise et évalue la preuve scientifique dans son domaine propre.  Chaque enseignant reçoit 3000$ pour modifier son cours en ce sens, tout en conservant une certaine marge de manoeuvre sur la manière dont il aborde la question :

« This semester, emphasizing the skill of using and evaluating evidence has made it plainer to see when students are struggling. Mr. [Robert] Goddard [senior lecturer in Latin American and Caribbean studies] set out to teach two methods of understanding evidence, quantitative (analyzing hotel bookings and growth rates) and symbolic (grounded in cultural criticism). […]

At the same time, he is ambivalent about what happens when skills take precedence. « I wonder if we are doing a disservice to the students by not having a more coherent, uniform body of content to deliver, » he says. « One of the things we’re doing is losing common cultural reference points. » » (Berrett, 2016)

Sources:

Berrett, Dan, « If Skills Are the New Canon, Are Colleges Teaching Them? », The Chronicle of Higher Education, 3 avril 2016

Hart Research Associates, « Trends in Learning Outcomes Assessment – Key Findings from a Survey among Administrators at AAC&U Member Institutions », 2015, 13 p.

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