De l’accréditation pour les fournisseurs non-traditionnels de formation supérieure?

Des discussions sont en cours aux États-Unis pour mettre en place un organisme chargé de s’assurer de la qualité de la formation supérieure offerte par divers fournisseurs commerciaux agissant hors du circuit universitaire, le plus souvent en ligne, sans crédit et à bas prix.  On pense par exemple à des entreprises comme Straighterline, Minerva Project ou à des fournisseurs de MOOC non-universitaires comme Udacity.

Il existe aux États-Unis 54 organismes qui contrôlent la qualité de la formation universitaire traditionnelle et qui sont regroupés sous l’American Council of Education (ACE). Il leur arrive d’approuver certaines formations offertes par MOOC.  De manière générale cependant, ces instances ont peu d’ouverture aux nouveaux fournisseurs, ce qui leur a valu des reproches du Président Obama, de Bill Gates et de Sénateurs républicains influents.  Des groupes se sont formés, comme l’initiative Modern States, dans le but de soutenir les efforts pour que soit mis sur pied un tel organisme de qualité extra-universitaire.  Des organismes comme le Council for Higher Education Accreditation (CHEA) et le Presidents’ Forum ont créé une commission dont le rapport propose trois avenues pour que soit mis sur pied cette nouvelle instance de contrôle-qualité:

  • un effort volontaire et coopératif par les fournisseurs eux-mêmes;
  • un service volontaire offert par une association tierce déjà existante;
  • une nouvelle instance externe créée spécifiquement pour ce mandat.

On se demande si un tel organisme devrait être centralisé au fédéral ou plutôt par région, voire par état.  Certaines voix considèrent qu’un tel organisme devrait approuver la formation au niveau des cours plutôt que des diplômes, ce qui irait à l’encontre du système actuel:

« …Many academics would be uncomfortable about an approach to accreditation that failed to account for a full curriculum. The idea behind regional accreditation is that quality assurance isn’t just about whether there is a satisfactory course to teach accounting for English composition, but whether the institution provides a path to a meaningful degree, with the necessary support and resources to do more than pass a series of courses. » (Fain, 2013)

De telles formations non-universitaires accréditées pourraient être certifiées par des badges ou d’autres modalités.  L’objectif étant qu’elles soient plus aisément reconnues dans le monde universitaire traditionnel afin d’équivaloir des crédits. Toutefois, un groupe de consultation indépendant dans le domaine, Quality Matters, rappelle que de tels processus d’accréditation sont longs et coûteux à mettre en place, arguant qu’il y aura peu d’intérêt pour ce faire.

Le seul fait que ces discussions aient lieu peut constituer un indice que le secteur de la formation supérieure non-universitaire est en plein essor.

Sources:

« Quality and ‘Non-Institutional’ Higher Education », Inside Higher Ed, 23 octobre 2014

Fain, Paul, « Accreditor for Upstarts », Inside Higher Ed, 9 mai 2014

Fain, Paul, « Course-Size Accreditation », Inside Higher Ed, 2 octobre 2013

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