Udacity, un des premiers fournisseurs, abandonne les MOOC universitaires

Coup de théâtre dans le monde des MOOC, Sebastian Thrun, fondateur de Udacity, qui le premier avait attiré 160 000 étudiants par son cours sur l’intelligence artificielle à l’Université Stanford, estime aujourd’hui qu’il avait un « lousy product».  Par conséquent, sa compagnie va délaisser l’enseignement supérieur pour se consacrer à la formation en entreprise.  Dans une entrevue au magazine Fast Company, il aurait affirmé:

« « Nous étions à la Une des journaux et des magazines et, en même temps, je me rendais compte que l’on ne parvenait pas à éduquer les gens [comme nous le souhaitions], se désole Sebastian Thrun. Nous avons un produit pourri. »  »

Thrun a été maintes fois cité pour avoir dit que dans 50 ans il n’y aurait plus que dix universités sur la planète à cause de la formation de masse.  Ses détracteurs font aujourd’hui les gorges chaudes…

D’après le consultant Alex Usher, les raisons du changement de cap de Udacity ont peu à voir avec la soudaine réalisation de la piètre qualité de l’offre et sont plus élémentaires :

« Like everything else, MOOCs need money to survive, and providing them for free is a really bad way to generate income.  The venture capitalists (VCs) supporting Udacity clearly came to the conclusion that the Udacity/Coursera strategy of losing money on every customer, and making it up on volume, wasn’t going to get them anywhere – hence the shift in strategy.» (Usher, 2013)

Christine Vaufrey rapporte les propos de Georges Siemens pour qui « »C’est l’échec de Udacity et de S. Thrun. Ce n’est pas l’échec de l’éducation ouverte, de l’apprentissage à l’échelle, de la formation en ligne ou des MOOCs« .».  Elle discute aussi du marché de la formation en entreprise qui s’ouvre – on parle déjà de COOCs (Corporate Online Open Courses) avec des entreprises comme « Microsoft, la Bank of America ou l’entreprise de travail temporaire Aquent. »

Audrey Watters estime qu’on aurait tort de se réjouir de ce que les MOOC s’éloignent du monde universitaire, parce que tout le monde subit les conséquences de mauvaises formations:

« If MOOCs – short videos, multiples choice quizzes, and robo-graders – offer bad pedagogy, then that means they offer bad pedagogy for everyone, everywhere. To ignore bad pedagogy simply because it occurs in settings outside the humanities or outside the college curriculum is elitist and wrong. » (Watters, 2013)

Sources:

Demoustier, Yannick, « Les MOOC, déjà has-been ? », Journal du Net, 9 décembre 2013.

Usher, Alex, « Udacity has Left the Building », Higher Education Strategy Associates, 18 novembre 2013.

Vaufrey, Christine, « Les MOOCs sont-ils condamnés ? », Thot Cursus, 10 décembre 2013

Watters, Audrey, « Why We Shouldn’t Celebrate Udacity’s « Pivot » », Hack Education, 14 novembre 2013

 

Interne: Un nouveau certificat en communication socionumérique des organisations
Interne: Laval prépare un MOOC en développement durable

Exprimez-vous !

*