Mode d’emploi pour la disparition d’une certaine conception de l’université publique américaine

Dans le Chronicle, un article d’opinion de Steven Ward, professeur de sociologie à la Western Connecticut State University, m’est apparu intéressant parce qu’il réunit une douzaine de doléances fréquemment exprimées pour pleurer une certaine conception de l’université publique.  Selon Ward et ses émules de gauche, cette vision de l’université serait menacée de disparition par un complot digne de Machiavel…

Dans les douze points de son «  guide de destruction de l’université publique », Ward mentionne notamment le désengagement de l’État, la perte de soutien pour les universités dans l’opinion publique, l’endettement étudiant, la bureaucratisation des campus, les mécaniques d’assurance-qualité, le déclin des sciences humaines, la multiplication des enseignants contractuels, l’introduction de modes de gestion provenant du privé, l’engouement pour les technologies, les programmes « competency-based », la société du spectacle, etc.

Quelques exemples du ton employé:

« (7) Scream about the high cost of higher education and increases in tuition. Blame the increases on greedy, overpaid professors rather than on the withdrawal of state support, the techno-gadget mania promoted by edu-businesses, or the administrative bloat caused by increased auditing practices and assessment.»

« (8) Promote narrow vocationalism and STEM [Science, Technology, Engineering, Mathematics] areas to show that you are in tune with the demands of the new “knowledge economy” and will no longer tolerate puffy and useless subjects like history or literature. If students are interested in those subjects, they can do Civil War re-enactments or join a book club. Such areas are superfluous in the new, pragmatic age of economic determinism and global competition. »

« (11) Introduce a “competency based” education model that allows students to bypass many of the traditional requirements of the university. The old-school liberal-arts requirements get in the way of the “on the go,” cellphone-laden student consumer of today. If professors protest, simply state that no one could possibly resist competency except the incompetent. »

À prendre avec un grain de sel puisqu’un sondage mené par le Chronicle démontre que, malgré plusieurs affaires de désaveu de recteurs américains par leurs corps professorals l’an dernier, les relations de travail dans les universités sont généralement plutôt positives (Schmidt, 2013).

Sources:  

Schmidt, Peter, « Campus Relations Aren’t as Frayed as You Might Think », The Chronicle of Higher Education, 7 octobrer 2013

Ward, Steven, « A Machiavellian Guide to Destroying Public Universities in 12 Easy Steps », The Chronicle of Higher Education, 2 octobre 2013

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