Les étudiants adultes – le segment de population que l’on ne peut plus ignorer

Le Chronicle of Higher Education vient de mettre en vente début février un rapport intitulé The Adult Student: The Population Colleges — and the Nation — Can’t Afford to Ignore.  Il s’agit d’un document de 56 pages rédigé par la journaliste Goldie Blumenstyk au coût de 129$ US pour le document numérique ou de 179$ US pour le document papier.  La prémisse du document est dure, mais sans doute lucide:

America’s adult students have long been an afterthought in higher education. But demographic changes and economic pressures will soon require institutions to expand their horizons in order to survive or thrive.

On y trouvera des renseignements sur les sujets suivants…

  • les obstacles qui empêchent les étudiants adultes de s’inscrire au collège ou d’y réussir;
  • les stratégies pour élaborer des programmes à l’intention des étudiants adultes et pour les y attirer;
  • comment travailler avec les États, les industries et d’autres partenaires pour soutenir les étudiants adultes.

Par ailleurs, Mme Blumenstyk donne quelques aperçus de ce qui attend le lecteur dans une vidéo et deux textes publiés sur le site du Chronicle dans la section Re: Learning:

D’abord, elle interview Adam Bush, provost du College Unbound, une nouvelle institution accréditée au Rhode Island qui tente de répondre aux besoins spécifiques des apprenants adultes.  Des exemples:

  • les stages sont en fait des projets d’intervention dans les milieux de travail,
  • les pairs et un mentor au travail font partie des ressources enseignantes de l’étudiant,
  • les cours ont lieu le soir avec repas et service de garde pour les enfants des étudiants, etc.

Ensuite, elle présente dans un article l’initiative Finish Line de l’Université de Memphis au Tennessee.  En plus de bourses particulières, les étudiants ont accès à des conseillers spéciaux dont la tâche est de trouver comment ils peuvent compléter leur scolarité le plus rapidement possible.  Des cours gratuits en ligne, des portfolios personnels et même de la formation en entreprise ont été évalués par des professeurs et peuvent compter pour des crédits en reconnaissance des acquis.  Les économies en frais de scolarité que cela représente deviennent attrayantes.  Il est même possible pour étudiant en retour aux études de ne plus comptabiliser certaines notes défavorables du passé (les « F » et les « D ») dans le calcul de sa moyenne générale.

Enfin, dans un dernier article, elle présente certaines statistiques compilées par la Lumina Foundation sur la progression des diplômes de formation supérieure aux États-Unis entre 2008 et 2016.  Une augmentation de 9 % (de 37,9% à 46,9%), mais qui semble insuffisante pour atteindre l’objectif de 60 % des adultes avec un diplôme post-secondaire en 2025.  Ainsi, « …Jamie Merisotis, the [Lumina Foundation] organization’s president, said the lagging rates of attainment for African-American, Latino, and Native American students were troubling. »  Mais les décideurs semblent changer leur stratégie…  Peut-être qu’un diplôme n’est pas toujours ce dont un travailleur adulte a besoin:

Along with lifting the college-going rate among 18- to 24-year olds, Merisotis said, the foundation sees « huge opportunity » in raising the overall educational-attainment rate by focusing on adults who could benefit from a credential rather than a degree, and he noted that many federal lawmakers now seem attuned to that approach as well.

The foundation is also focused on the population ­— about 16 percent of all adults nationally — that has attended college but never received a degree or high-quality certificate. Lumina is also exploring ideas for bringing educational opportunities to adults at their workplace. Said Merisotis: « Watch this space. » [nos emphases]

Sources: 

Blumenstyk, Goldie, A College Designed for Adults (vidéo), The Chronicle of Higher Education, 15 février 2018 (6 min 16)

Blumenstyk, Goldie, « Bringing Back Adult Students Takes More Than a Catchy Campaign« , The Chronicle of Higher Education, 12 février 2018

Blumenstyk, Goldie, « Degrees and Certificates Rise in U.S., but Not Fast Enough« , The Chronicle of Higher Education, 11 février 2018

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Commentaires

  1. Sylvie Mathieu a écrit:

    Il me semble que cette dépêche participe à l’émergence d’une tendance en enseignement supérieur; soit celle de la démocratisation des établissements supérieurs en plaçant l’individu et sa singularité au cœur des préoccupations.
    Deux textes lus récemment vont dans ce sens.
    Le texte, rédigé par Roland Louis et Denis Bédard « Les tendances en évaluation des apprentissages en enseignement supérieur », présente la dernière tendance en matière d’évaluation des apprentissages, soit l’approche écologique qui se fonde sur le développement de la personne.
    Quant à l’ouvrage de Todd Rose « La tyrannie de la norme », nous invite à se questionner sur les effets néfastes de la moyenne dans nos vies et dans nos sociétés. Il conduit à accorder plus de valeur à l’individualité.

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