Renverser la classe, l’apprentissage, l’établissement scolaire…

Le mois dernier, alors que Sonia nous partageait un billet présentant dix photos de campus du futur, je lisais «Shimon Amar: sans pédagogie innovante l’aménagement d’un campus n’a pas de sens» et «Faut-il inverser l’enseignement, l’apprentissage ou même l’établissement?», deux articles sur l’importance de réfléchir au pédagogique avant de réorganiser les lieux mêmes où se réalisent les apprentissages. Dans le premier article, Shimon Amar, directeur de l’Ohalo Academic College, l’exprime ainsi :

«L’enseignement tel qu’il a été conçu lors des révolutions industrielles avait besoin d’amener les futurs adultes à appliquer un savoir théorique. Ce n’est plus le cas. L’enseignement comme on le dispense aujourd’hui n’est plus adapté et n’apporte pas les compétences du XXIe siècle telles que la capacité de collaborer, d’apprendre tout le temps et partout, de s’adapter à un monde incertain. Ces compétences ne s’apprennent pas en histoire ou en mathématiques, et leur apprentissage ne se fait plus entre les quatre murs d’une salle de classe. C’est la raison pour laquelle nous repensons les espaces de travail, car l’université est le lieu où doit éclater cette révolution pédagogique.»

Dans «Faut-il inverser l’enseignement, l’apprentissage ou même l’établissement?» Bruno Devauchelle (que l’on connaît par son blogue personnel Veille et Analyse TICE) met en lumière l’apport de la «classe inversée» qui, au-delà du battage médiatique qu’a connu cette approche, a le mérite de permettre une réelle prise de conscience professionnelle et un recadrage des activités pédagogiques centrées sur l’apprenant. Ce recadrage pouvant même «polliniser» les autres niveaux de la structure scolaire.

Pour Devauchelle…

  • le renversement de la classe (flipped classroom) – où sont maximisés les temps en groupe avec des activités interactives et les temps hors classe par une utilisation judicieuse des technologies;
  • le changement de rôle  de l’enseignant – qui passe de grand manitou du savoir à facilitateur des apprentissages;
  • les établissements qui repensent l’organisation physique des lieux sur le modèle des «learning center» – en mettant non plus les cours au centre de tout mais bien plutôt les apprenants;

…tous convergent vers un seul et même objectif: faciliter les apprentissages et le développement chez les apprenants des compétences nécessaires au monde d’aujourd’hui, mais surtout de demain.

Et l’Ohalo Academic College semble être un bel exemple de ces renversements successifs.  On y lançait en 2010 un programme de pédagogie innovante axé sur le «blended learning». Aujourd’hui, on repense l’organisation même des lieux en fonction des besoins de connectivité et de collaboration des étudiants.

«… après trois ans de refonte des programmes, tous les cursus se font à 20% en blended learning, et notre objectif est d’arriver à 50%. Ainsi, les étudiants acquièrent le savoir par des cours en ligne, puis viennent travailler dans un espace de 500 m2 que nous avons réaménagé spécialement à cet effet.»

Sources:

Devauchelle, Bruno, «Faut-il inverser l’enseignement, l’apprentissage ou même l’établissement?», l’Expresso du Café Pédagogique, 14 novembre 2014

Taquet, Morgane, «Shimon Amar: sans pédagogie innovante l’aménagement d’un campus n’a pas de sens», ÉducPros, 19 novembre 2014.

 

 

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