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Profs et parents: c’est encore compliqué…

Pourquoi une dépêche sur cette enquête informelle de Maggie Doherty, journaliste indépendante et chargée de cours à Harvard? Pourquoi, alors que la situation au Québec est bien différente de celle qui prévaut aux États-Unis, où toutes les universités n’offrent pas de congés parentaux et où l’accès aux systèmes de garderies est extrêmement inégal? Parce que, au-delà des différences contextuelles, le texte évoque le fait que la culture universitaire est encore souvent mal adaptée à la réalité parentale. Les attentes de productivité envers les parents qui choisissent de poursuivre une carrière universitaire semblent parfois irréalistes…

Academic parents must also grapple with the culture of academe, which remains hostile to family life. “Academic life, at least as I’ve experienced it, still rests on a fantasy that the faculty are wealthy gentleman-scholars who would enjoy sipping sherry and smoking a pipe at 7 p.m. with other gentleman-scholars while the womenfolk raise their sons and heirs or something,” Jill Lepore, the author and Harvard professor of American history, told me. Having children on the tenure track makes it hard to sustain the appearance of scholarly single-mindedness, unencumbered by the demands of the body and utterly devoted to the job.

Jennifer Nash, spécialiste du genre, de la sexualité et du féminisme, interrogée dans l’article, admet que personne ne lui a dit de ne pas avoir d’enfants, mais
« …[p]ersonne lui a dit non plus d’en avoir, ni quand en avoir, ni comment gérer les exigences concurrentes de la recherche, de l’enseignement et de l’éducation des enfants ». Elle explique:

« Je fais très attention à ce que les gens me voient comme une érudite (scholar), et pas seulement comme une mère, parce que je comprends que les gens considèrent ces deux choses comme étant en conflit. »  De retour de son congé de maternité, elle a été confronté aux réunions de département en début de soirée, aux conférences hors de son état de résidence, aux événements qui commençaient à 17 heures et se prolongeaient dans la nuit.  Selon Jennifer Nash, « [i]l y a un “acharnement” à ce travail, qui n’a aucune sensibilité au fait que les gens ont des familles. » [Traduit avec www.DeepL.com/Translator; nos emphases]

L’article évoque par ailleurs la crainte des « coûts cachés » (hidden costs) comme une caractéristique de la profession universitaire où tant de choses dépendent des relations personnelles. Alors que « les normes d’embauche et de promotion vont souvent du flou à l’opacité totale », on met en garde les jeunes chercheurs « contre tout ce qui pourrait suggérer qu’ils ne sont pas entièrement dévoués à leur travail ». Les conséquences en sont la poursuite du travail pendant les congés parentaux, des retours au travail extrêmement rapides et exigeants, de même qu’un certain présentéisme…

Whether or not they’re required to, many academic parents feel pressure to continue working during leave — and to hit the ground running when they return to full-time work. Several told me that they felt pressure to be “good citizens” in their departments, which might mean responding to emails during their leave, or working long days on campus while breast-feeding. Staying off campus can give rise to a certain stigma. “‘I never see her around campus,’ — I still hear that all the time,” Lepore said.

On mentionne aussi le besoin de déménager pour obtenir différents postes au fil de la carrière, avec l’insécurité reliée au fait que certains des nouveaux milieux de travail n’auront pas toujours des lieux de garde ou des écoles adaptées aux besoins des familles.

Des pistes de solution

  • Des attentes plus claires en matière de titularisation aideraient les parents universitaires à se sentir moins anxieux à l’idée de profiter des aménagements pour les nouveaux parents ou à celle de travailler moins pendant les premières années de l’éducation des enfants, soit celles qui sont les plus intenses.
  • Un campus universitaire réaménagé, où les garderies du campus seraient déplacées de la périphérie de l’université vers son centre. « Les enfants sont au centre de nos vies. Ils devraient être au centre de nos campus », estime Jill Lepore. Cette organisation spatiale rappellerait à tous que les personnes enseignantes sont plus que des formateurs ou des chercheurs : ils sont aussi parents et membres de la communauté.
  • « Aligner le calendrier de l’université sur les vacances scolaires serait d’une grande aide. Offrir un service de garde d’enfants à tous les événements en soirée (il y en a beaucoup) serait utile. Reconnaître le fardeau auquel les parents célibataires sont confrontés lorsqu’ils envisagent de voyager ou d’exercer toute autre activité professionnelle (non seulement ils n’ont pas de soutien, mais ils n’ont qu’un seul revenu) ». [suggestions de Jen Coane, professeure de psychologie au Colby College, en réponse à l’article de Doherty][Traduit avec www.DeepL.com/Translator]

Sources:

Doherty, Maggie, « The Quiet Crisis of Parents on the Tenure Track », The Chronicle of Higher Education, 20 septembre 2021

[sans auteur], « Support for Tenure-Track Parents Is Still Lacking, Readers Say », The Chronicle of Higher Education, 27 septembre 2021

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À propos de l'auteur

Jean-Sébastien Dubé

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