Pédagogique Technologique

La modélisation pour convaincre, enseigner à distance, rédiger web, simuler

Le plus récent numéro hebdomadaire du Thot Cursus portait sur la modélisation, possiblement en lien avec la fameuse « courbe à aplanir » souvent mentionnée dans l’actualité. Le thème est vaste et le numéro comporte plusieurs articles intéressants, certains nouveaux, d’autres remis en valeur. À chaque fois, les articles pointent vers d’autres références qui permettent d’approfondir la réflexion. Chacun mériterait sans doute sa propre dépêche, mais j’ai choisi d’en mettre quatre de l’avant.

Collaborer à distance en formation – Modèles

Cet article – plus long que les textes habituels du Thot Cursus, plus proche du format d’un article scientifique – s’appuie principalement sur les travaux de France Henri et de Karin Lundgren-Cayrol (2001). On y retrouve, par exemple…

  • leur définition de l’apprentissage collaboratif (souvent citée),
    • « une démarche active et centrée sur l’apprenant. Au sein d’un groupe, et dans un environnement approprié, l’apprenant exprime ses idées, articule ses pensées, développe ses propres représentations, élabore ses structures cognitives et fait une validation sociale de ses nouvelles connaissances. La démarche collaborative reconnaît les dimensions individuelles et collectives de l’apprentissage, encourage l’interaction, et exploite les cognitions réparties au sein de l’environnement. Le groupe, acteur principal agit en tant que catalyseur et est la ressource première de la collaboration. Il joue un rôle de soutien et de motivation. »
  • les sept valeurs de l’apprentissage collaboratif de Lebow en 1993 (autonomie, engagement actif, pertinence personnelle, pluralisme, collaboration, générativité et réflexivité),
  • une importante distinction entre la coopération et la collaboration (notamment: alors que la réussite d’un travail coopératif repose sur l’ajout des résultats individuels de toutes les tâches divisées entre les équipiers, les acteurs d’une collaboration s’entraident pour atteindre ensemble le but fixé),
  • les trois phases d’une démarche collaborative (exploration des connaissances préalables (plan de travail), élaboration du modèle de connaissances (accord), évaluations des apprentissages et du processus (bilan)) et la mise en oeuvre d’une telle démarche,
  • les principes de base pour un travail collaboratif réussi en formation (notamment l’importance d’annoncer la teneur de la contribution collaborative attendue),
  • les apports de l’apprentissage collaboratif à la formation (briser l’isolement, apprivoiser les outils de communication à distance, apprentissage de la collaboration, apprentissages “culturels”)
  • la scénarisation d’activités d’apprentissage collaboratif,
  • des perspectives sur les outils du travail collaboratif en formation (synchrones/ asynchrones, mais outils d’organisation, de communication et de partage)

Un article à lire absolument si le sujet vous intéresse.

Des modèles pour convaincre, des modèles pour inventer

Un article où il est question de l’importance des figures pour transmettre de l’information, mais aussi pour influencer les décisions:

« Nous sommes toujours convaincus qu’une forme belle et qui pourrait se traduire en équation porte davantage de vérité qu’un amas de données sans organisation. Comme notre esprit est volontiers paresseux, il fait confiance aux courbes et schémas sans toujours interroger les modèles et les données qu’ils supportent. […] Pour les schémas et courbes, le problème réside dans le fait qu’il est difficile de les démentir ou de les contredire sans entrer dans l’analyse des données et utiliser un vocabulaire technique.»

On évoque notamment les pyramides (Maslow, Bloom, journalisme, etc.), la parabole en U (Laffer, Scharmer), les photographies comme outils rhétoriques.

« Les modèles qui nous sont familiers peuvent aussi nous aider à exprimer un problème, ou une vision. Vous développez un projet ou vous visez une réorganisation. Quelle est la forme de votre problème ?

Une courbe de démotivation, une longue traîne qui exprime une difficulté à terminer, un schéma de dispersion ? Et quel serait la figure ou la forme d’une situation idéale ? »

Modélisation de structures de texte pour leur optimisation

Si le titre de cet article est moins clair, il s’agit essentiellement de tenir compte des algorithmes de classement des pages par Google, pour déterminer la meilleure manière d’optimiser la rédaction de textes pour le web. [NDLR: notre collègue Sonia Morin a beaucoup lu et réfléchi sur cette question.]

« L’idée est donc d’établir quelles sont les caractéristiques prises en compte par les algorithmes de Google pour définir un modèle de page web idéale pour bien figurer dans les résultats de recherche.

On propose notamment des organisations de page avec l’outil commercial https://yourtext.guru/, mais aussi diverses formations sur le sujet. On rappelle également que…

« La rédaction web est devenue un métier à part entière. Il présente l’avantage de pouvoir être exercé sous forme nomade, ce qui fait rêver beaucoup de candidats voulant devenir rédacteur web. »

Jouer avec la réalité : nomenclature des simulations

Dans ce court texte qui date déjà de 2015, l’auteur Denys Lamontagne nous présente trois critères (ou échelles) pour « s’y retrouver » dans les « milliers de simulateurs pouvant pratiquement reproduire tout genre de situations et d’environnements ». [notre emphase]

  1. Le réalisme :  du symbolique au réel
    Plus un simulateur s’approche des caractéristiques physiques de ce qu’il cherche à reproduire, meilleur il est. « Moins on utilise de symboles, plus [la simulation] est réaliste. »
    Exemple- « On peut dire «Voici le poste de pilotage», mais si le siège ressemble à un vrai siège et non à une chaise de classe, la symbolique est d’autant réduite. »
     
  2. La scénarisation : de l’irréalisme au réel
    Plus les scénarios se rapprochent des données réelles, meilleurs ils sont.
    (Plus ils sont “émotivement crédibles”, écrit Lamontagne).
    Exemple- « Traiter un patient en arrêt respiratoire » est une situation d’urgence qui engage les émotions mais qui doit reposer sur des données fiables.
     
  3. Le rapport coût du simulateur / coût du risque
    Plus le rapport est bas, plus l’utilisation d’un simulateur paraît pertinente. Exemple- « Un accident de travail peut coûter des millions à l’employeur; former 500 travailleurs sur un simulateur de 50 000 $ lui coûtera en tout de 150 000 à 200 000 $. Rapport favorable. »

Sources:

Budel, Sabrina Marie, « Collaborer à distance en formation – Modèles; pour des connaissances en co-construction », Thot Cursus, 5 mai 2020

Duriez, Frédéric, « Des modèles pour convaincre, des modèles pour inventer »,Thot Cursus, 4 mai 2020

Lamontagne, Denys, « Jouer avec la réalité : nomenclature des simulations », Thot Cursus, 12 mars 2015

Vansnick, Regis, « Modélisation de structures de texte pour leur optimisation », Thot Cursus, 3 mai 2020

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Jean-Sébastien Dubé

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