Compétitive Pédagogique

Obligation d’être formés en pédagogie pour enseigner à l’Université de l’Ontario français

Le journaliste Jean-Benoît Nadeau du Devoir est « allé aux nouvelles » pour savoir comment les créateurs de l’Université de l’Ontario français (UOF) s’y prenaient pour « créer une université à partir d’une page blanche ».

Outre le fait qu’il n’y aura « ni faculté, ni département, ni même de disciplines fixes », mais quatre créneaux transdisciplinaires où les professeurs enseigneront selon leurs compétences; outre le fait que tous les cours seront « comodaux » (offerts à la fois en présentiel et à distance); outre la synergie avec les deux douzaines d’organismes communautaires qu’accueillera le campus au sein du Carrefour francophone du savoir et de l’innovation, ce qui m’a intéressé c’est la place de la pédagogie universitaire dans le projet…

Ainsi, une section de la vision est consacré à l’enseignement: « Être reconnue pour son ouverture à l’innovation et à la collaboration, tant dans son administration et sa formation académique interdisciplinaire, ses approches pédagogiques novatrices et expérientielles et ses liens soutenus avec d’autres établissements publics, notamment des établissements d’enseignement, des entreprises, des organismes à but non lucratif et des organismes communautaires .»

Nadeau nous apprend que les professeurs de l’UOF « devront être obligatoirement formés à la « pédagogie de l’enseignement supérieur » (autre grande nouveauté, car les professeurs d’université sont rarement formés en ce sens). Leurs cours devront être non magistraux et les présentations PowerPoint seront spécifiquement exclues. L’expérience sera au coeur de l’enseignement et les stages rémunérés seront intégrés à la pédagogie. […] [L’Université Laval] a mis au point le certificat en « pédagogie de l’enseignement supérieur », qui sera un cinquième créneau à part entière de l’UOF et dont les premiers bénéficiaires seront les futurs professeurs de l’UOF, qui devront l’avoir suivi. »

« L’UOF veut […] préparer [les étudiantes et étudiants] à l’exercice de la citoyenneté, aux emplois et aux occupations de demain. Ses activités d’apprentissage visent à développer les compétences du 21e siècle, telles que la pensée critique, la résolution de problèmes, la créativité, l’esprit entrepreneurial, la communication, la collaboration, etc. Ses activités d’apprentissage plongeront étudiants et professeurs dans la réalité des problèmes complexes contemporains, afin qu’ils cernent et renouvellent les outils conceptuels, théoriques et méthodologiques qui contribueront le mieux à des solutions innovatrices. Les étudiantes et les étudiants apprendront aussi par l’expérience, en s’insérant directement dans le monde du travail et de l’engagement communautaire. » (sous-onglet Questions et réponses, section “En quoi l’UOF est-elle différente des autres universités?”)

L’article du Devoir laisse d’ailleurs entendre que l’Université Laval et l’UQTR ont été fortement sollicitées pour soutenir le développement de ce modèle universitaire nouveau genre. C’est vrai, mais elles ne sont pas les seules: des professeurs bénévoles de Toronto, d’Ottawa, de Moncton, de l’UdeM, de la TÉLUQ, de l’UQAM, de l’ÉNAP, etc. collaborent au projet. Michèle Vatz-Laaroussi, professeure retraitée et associée de l’Université de Sherbrooke aide à développer le créneau “pluralité humaine”.

Sources:
Nadeau, Jean-Benoît, « Ouf pour l’UOF », Le Devoir, 27 janvier 2020
Onglet “Notre Université” du site web de l’Université de l’Ontario français, 2019

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Jean-Sébastien Dubé

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