Vers la quatrième révolution industrielle…

En discutant avec des professeurs de l’École de gestion qui réfléchissent à de tels enjeux, j’ai pris connaissance de ce qu’ils appellent la quatrième révolution industrielle et que l’on abrège par « 4IR ».  Klaus Schwab, ingénieur et économiste allemand, président du Forum économique mondial tenu annuellement à Davos, a publié en janvier 2016 The Fourth Industrial Revolution.
Dans cet ouvrage, Schwab explique qu’après la vapeur, l’électricité et le numérique, nous sommes à l’aube d’une révolution industrielle qui sera basée sur plusieurs développements numériques récents (l’intelligence artificielle, la robotique, l’Internet des objets, les véhicules autonomes, l’impression en 3D, les nanotechnologies, les biotechnologies, le stockage d’énergie, l’informatique quantique…).  Cette quatrième révolution affectera toutes les disciplines et toutes les sphères de toutes les sociétés, notamment la production, la gestion et la gouvernance…

Contrairement aux trois révolutions technologiques précédentes, essentiellement fondées sur des technologies, cette quatrième révolution « [represents] new ways in which technology becomes embedded within societies and even the human body« … (« Fourth Industrial Revolution », Wikipedia, 2017).  C’est sa rapidité (velocity), son envergure (scope) et ses impacts sur les organisations (systems impacts) qui lui donneraient son caractère révolutionnaire et marqueraient sa distinction avec la révolution numérique précédente.

Pour Schwab cette quatrième révolution industrielle représente un défi sans précédent pour les travailleurs, les entreprises, les gouvernements, les individus…  Il nous semble d’une grande lucidité quand il analyse le potentiel mais aussi les risques économiques et sociaux d’une telle révolution:
« …The largest beneficiaries of innovation tend to be the providers of intellectual and physical capital—the innovators, shareholders, and investors—which explains the rising gap in wealth between those dependent on capital versus labor. Technology is therefore one of the main reasons why incomes have stagnated, or even decreased, for a majority of the population in high-income countries: the demand for highly skilled workers has increased while the demand for workers with less education and lower skills has decreased. The result is a job market with a strong demand at the high and low ends, but a hollowing out of the middle. […] 
…We need to shape a future that works for all of us by putting people first and empowering them. In its most pessimistic, dehumanized form, the Fourth Industrial Revolution may indeed have the potential to “robotize” humanity and thus to deprive us of our heart and soul. But as a complement to the best parts of human nature—creativity, empathy, stewardship—it can also lift humanity into a new collective and moral consciousness based on a shared sense of destiny. It is incumbent on us all to make sure the latter prevails. » (Schwab, 2016)

En production manufacturière, le concept parallèle d' »Industrie 4.0«  semble être associé à celui de quatrième révolution industrielle:

« L’usine de l’avenir est aux portes des industries manufacturières. Il est aujourd’hui possible de créer une usine intelligente où Internet, des capteurs sans fil, des logiciels et d’autres technologies de pointe sont utilisés de concert afin d’optimiser la production et d’améliorer la satisfaction des clients.

«Ces outils permettent à l’entreprise de réagir plus rapidement aux changements du marché, d’offrir des produits plus personnalisés et d’accroître son efficacité opérationnelle dans le cadre d’un cycle d’amélioration continue», signale une étude de la Banque de développement du Canada (BDC) intitulée «Industrie 4.0 : la nouvelle révolution industrielle», publiée en mai dernier. » (Théroux, 2017)

Certains impacts de cette stratégie naissante se font déjà sentir sur le marché mondial…

« L’Industrie 4.0 est l’un des projets clés de la stratégie concernant les hautes technologies du gouvernement allemand, qui encourage la révolution numérique des industries… […] L’Industrie 4.0 représente aussi une volonté de répondre aux problématiques actuelles de la gestion des ressources et de l’énergie. Avec un système organisé selon un réseau de communication et d’échange instantané et permanent, on est à même de rendre cette gestion plus efficace en coordonnant les besoins et disponibilités de chaque élément du système de la façon la plus efficiente possible, alimentant par-là de nouveaux gains de productivité. » (« Industrie 4.0, », Wikipédia, 2017)
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