La multiplication des maîtrises en France

En France, l’offre de programmes de maîtrise a littéralement éclaté, entre autres les maîtrises spécialisées ou les maîtrises es sciences. On avance que les causes en seraient

  • l’émergence d’un marché qui devient de plus en plus concurrentiel – surtout au-delà du niveau licence;
  • des besoins de financement des établissements;
  • de nouveaux besoins des entreprises.

On parle de plus de 400 maîtrises spécialisées et es sciences dans des secteurs pointus et actuels (cybersécurité, environnement, nouvelles énergies, marketing numérique, big data, marketing de l’innovation, etc.). La plupart de ces programmes sont payants : entre 5000 et 30 000 euros. Certains sont offerts uniquement en anglais, d’autres incluent une dimension internationale.

C’est en 1983 que la commission ­Accréditation de la Conférence des grandes écoles (CGE) a créé les maîtrises spécialisées – trois cent cinquante heures de cours et quatre mois en entreprise, sur un maximum de deux ans – pour répondre à une demande des entreprises françaises qui souhaitaient recruter des diplômés post-master possédant des compétences dans des spécialités pointues, pour des fonctions dans des secteurs très précis. Ces diplômes d’établissement suivent donc de près les besoins évolutifs des entreprises. Certaines formations s’éteignent toutes seules parce que les besoins ont disparu, tandis que d’autres évoluent ou se créent dans des secteurs novateurs.

Les programmes MSc, eux, ont vu le jour en 2002 et leur nombre est en croissance constante.
Processus d’accréditation des MS et des MSc

La commission accréditation de la CGE se réunit cinq fois par an. Ses 26 membres comprennent à parts presque égales des représentants des écoles d’ingénieurs, des écoles de gestion et des grandes entreprises comme EDF, Orange, Veolia et Nestlé. Chaque dossier d’une vingtaine de pages est présenté à la fois par une école et par une entreprise.

Les critères sont

  • la qualité de la sélection des étudiants,
  • la qualité de l’évaluation des savoirs,
  • la valeur ajoutée du diplôme sur le marché,
  • le statut des enseignants;
  • obligation d’un minimum 20 % des cours en présentiel (pour la formation complètement à distance, la commission se donnera sous peu de nouveaux critères).

Les décisions possibles sont

  • un avis favorable,
  • un avis réservé (complément d’information demandé),
  • un avis défavorable.

L’année dernière, sur 59 dossiers examinés, 2 ont été refusés, 20 ont fait l’objet de réserves, et 37 ont été acceptés.

Enfin, [l]’accréditation initiale n’est valable qu’un an puis trois, cinq ou six ans. Nous mettons actuellement en place des comités d’experts pour organiser des visites dans les écoles, de manière que, pour les formations qui durent, la qualité de l’enseignement continue d’être garantie.

Maîtrises en sciences humaines

Du côté des maîtrises de lettres, on assiste à ce que Caroline Donas appelle un « métissage », comme le master « Humanités et management » de Paris-Ouest intègre des cours de droit, en gestion et en comptabilité. On a vu également apparaître les doubles diplômes, pour la majorité une combinaison de lettres et de gestion.

Sources –

Lewandowski, Jean-Claude. Masters, Ms et Msc : les diplômes foisonnent. Le Monde. 4 février 2016.

Donas, Coralie. Après un master de lettres, de nouveaux débouchés. Le Monde. 4 février 2016.

Jacot, Martine. « Les écoles utilisant illégalement nos labels Mastères spécialisés et MSc font désormais l’objet de poursuites ». Le Monde. 5 février 2016.

 

 

 

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