Des enseignants se tournent vers Twitter pour trouver du soutien et une communauté de pratique

Un article paru dans le Washington Post me permet de revenir sur un phénomène évoqué par ma collègue Sylvie Hallé, soit celui des séances de clavardage d’enseignants via Twitter.  L’article du Post traite de groupes comme #edChat (inspiration du #clavEd francophone) qui réunit environ 2000 enseignants de partout dans le monde, mais aussi de ses dérivés pour les enseignants en sciences sociales (#sschat), les professeurs de musique (#musedchat), de  psychologie (#psychat), d’éducation spécialisée (#spedchat), de langues étrangères (#langchat), d’études juives (#jedchat), de mathématiques (#mathchat) et d’anglais (#engchat).  C’est ce qui amène la journaliste à parler du « edu-Tweet movement ».

Plusieurs citations m’ont amené à me demander s’il ne s’agissait pas là d’une voie d’avenir pour de la formation continue professionnelle :

« They say the camaraderie and free, instantaneous help they find through Twitter — and its steady stream of pithy messages, maximum 140 characters each — is far more useful than traditional school training programs, which often feature fixed agendas, airless rooms and canned speeches by hired experts.

“I always tell people the the most valuable 15 minutes I spend, in terms of my professional growth, is when I jump on Twitter at night and see what’s going on,” said Greg Kulowiec, a virtual colleague of Josephson’s who teaches in Plymouth, Mass. » [mes emphases]

Et celles-ci :

« “After a really good chat, all you are is excited to go back to work and try something,” said Kulowiec, an eight-year veteran of the classroom. “It’s very motivating to see other people motivated.” »

« Their discussion topics have ranged from the practical (How to use class blogs to improve student writing?) to the philosophical (What’s the real purpose of school?). They’ve tweeted about the pros and cons of homework, hashed out ideas about designing fair teacher evaluations and discussed how to improve working relationships with principals. »

Sans compter la possibilité d’obtenir du matériel pédagogique partagé entre pairs :

« …Teachers say that anytime during the week, they can tweet a request for help with a lesson plan and expect to receive a half-dozen responses within minutes.

“When you get expert educators sending you these things, the quality of it is just surreal compared to what I would get on my own,” said Becky Ellis, an instructional coach in Ogden, Utah, and another faithful #sschat participant. “It’s a lot better than just Googling.” »

Dans un article de Thot Cursus, Christine Renaud qui anime les #clavEd francophones, en explique le fonctionnement et les limites grâce aux excellentes questions de la journaliste :

« Combien de participants en moyenne avez-vous pour chaque discussion ?

Il y a un noyau de 30-40 participants réguliers, et beaucoup de participants plus occasionnels. Nous avons même fait participer des classes, ponctuellement. Au total, cela doit faire environ 150 participants actifs. Mais je sais que certaines personnes lisent sans participer activement. En témoignent les messages du genre “Merci pour ces échanges très riches” que nous voyons parfois apparaître à la fin des discussions, produits par des personnes qui n’ont rien écrit auparavant.

Le rythme des échanges est-il soutenu ? En quoi consistent les conversations ?

En une heure, nous échangeons entre 300 et 800 twitts. Nous insistons beaucoup sur le fait qu’il s’agit d’échanger sur de bonnes pratiques, de partager des ressources constructives; “ventiler” fait du bien et est nécessaire, mais nous ne sommes pas là pour gémir. Nous désirons faire avancer nos pratiques et celles des gens de notre milieu.

Le format des twitts (140 caractères au maximum) permet-il réellement des échanges approfondis ? Cela n’oblige t-il pas à rester à la surface des choses, puisqu’il est impossible de développer sa pensée dans un twitt ?

Le but n’est pas d’ouvrir des espaces individuels de paroles, mais de favoriser les échanges. Les gens qui veulent écrire longuement le font ailleurs, sur leurs blogues par exemple. Sur Twitter, nous sommes ensemble pour échanger, confronter les points de vue. » [mes emphases en italiques]

Sources :

Brown, Emma, « Teachers Take to Twitter to Improve Craft and Commiserate », Washington Post, 21 janvier 2012
Vaufrey, Christine, « Christine Renaud : le #Claved sur Twitter, c’est elle ! », Thot Cursus, 3 mai 2011

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Commentaires

  1. Jean-Sébastien Dubé a écrit:

    En complément à ce billet, je découvre que le Pearson Centre for Policy and Learning en Grande-Bretagne a publié en octobre 2011 un rapport sur l’utilisation que font les enseignants des médias sociaux pour leur formation continue. On explique que les budgets de perfectionnement pour les enseignants sont souvent les premiers à être coupés.

    McCulloch, J, E. McIntosh et T. Barret, _Tweeting for Teachers : how can social media support teachers professional development ?_, Pearson Centre for Policy and Learning, octobre 2011, 36 p. [PDF]

    Après avoir fait un état des pratiques des enseignants, ce rapport recommande notamment aux décideurs de valoriser cette forme de ressourcement, de créer un espace virtuel commun pour les enseignants et d’inclure l’utilisation des réseaux sociaux dans la formation initiale des futurs maîtres.

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