Quatre pages pour bien comprendre l’évolution de l’université en France

Je suis toujours à l’affût de ce que produit la veille de l’Institut français de l’éducation (IFÉ).  J’espère sincèrement qu’il y aura de nombreuses publications de cet « Édubref » qui traiteront des études supérieures. L’information y est bien condensée, sans qu’on en perde la richesse.

Dans le cas qui nous intéresse, le fascicule porte sur les transformations de l’institution universitaire française depuis 1968.  De la Loi Faure (1968), puis la Loi Savary (1984), suivie de la Loi Pécresse (2007), jusqu’à la Loi Fioraso (2013), puis la Loi Vidal (2018) en passant par la Contractualisation (1989) et le Processus de Bologne (depuis 1999…), on fait un bon tour du jardin des réformes successives.  Il apparaît un jeu de souque à la corde entre les universités et l’État central français quant aux différentes prérogatives en matière de recrutement des enseignants, d’autonomie financière et pédagogique, de reddition de comptes, etc.  C’est ce que l’auteure qualifie de « co-pilotage entre l’administration centrale et les pouvoirs disciplinaires ».

Des notes et graphiques en marge bien conçues donnent à voir l’évolution de l’effectif étudiant sur cinquante ans, l’évolution des organismes de contrôle qualité, un aperçu des changements apportés par le processus de Bologne et ce ceux apportés par l’internationalisation de l’enseignement supérieur.  La dernière page du document offre une bibliographie d’une vingtaine de titres sur le sujet, de même que quelques adresses Web.

Le fascicule est aussi très utile pour comprendre les multiples acronymes dont sont friands nos cousins :

  • EPSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel),
  • EES (établissements d’enseignement supérieur),
  • UER (Unités d’enseignement et de recherche) qui deviendront des UFR (unités de formation et de recherche),
  • PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur),
  • COMUE (communautés d’universités et d’établissements)…
  • CPU (Conférence des présidents d’universités),
  • MCF (maîtres de conférences),
  • PR (professeurs d’universités),
  • Loi LRU (libertés et responsabilités des universités; loi Pécresse, 2007),
  • Loi ESR (loi relative à l’enseignement supérieur et à la recherche; loi Fioraso, 2013),
  • Loi ORE (Orientation et réussite des étudiants; loi Vidal, 2018).

Source : Endrizzi, Laure, « 1968-2018 : 50 ans de réforme à l’université », Édubref, Unité veille et analyses de l’Institut français de l’éducation/ ENS de Lyon, octobre 2018

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