Numérique en enseignement: différents modèles pour un recul critique sur les pratiques

Frédéric Duriez présente le modèle SAMR (Substituer, Augmenter, Modifier ou Redéfinir les pratiques) de Puentedura, 2015; le modèle ASPID (Adoption du numérique, Substitution, Progrès, Innovation ou même une possible Détérioration des pratiques d’enseignement) de Karsenti, ainsi que le modèle IMAIP (Information, Motivation, Activité, Interactions, Production) de Lebrun, 2015.

Dans ce dernier cas,  on voit bien qu’il faut peu à peu que la formation donne préhension sur l’information initiale aux apprenants.  L’activité leur donne l’occasion de « malaxer » l’info, mais ils doivent éventuellement « produire » quelque chose à montrer aux autres.  La motivation et l’interactivité sont ici des « manivelles » pour faire fonctionner l’ensemble.

Pour Collin et Saffari, l’intégration du numérique à l’enseignement nécessite au moins trois habiletés/moments de la part des enseignants, qu’il faudrait arriver à soutenir…

  1. Repérer des ressources numériques pédagogiquement pertinentes
  2. Intégrer progressivement le numérique dans son enseignement
  3. S’engager dans des réseaux informels d’intérêt

En contexte de formation en ligne, Cristol distingue entre trois stratégies à la disposition des enseignants:

  • La stratégie 1 consiste à concevoir des dispositifs exclusivement en ligne.
  • La stratégie 2 vise à hybrider une formation existante ou nouvelle.
  • La stratégie 3 enrichit les situations de travail avec des outils de soutien à l’apprentissage [hybrider une situation de travail].

Dans tous ces cas, le message est le même:  il n’y a rien d’automatique ou de simple à l’intégration du numérique à l’enseignement.  Il s’agit de processus complexes et lents, multiples et jalonnés de défis:

« [L]e numérique est souvent sujet à des discours simplistes et jovialistes qui promettent un changement substantiel et facile des pratiques d’enseignement et d’apprentissage. Au contraire, l’intégration durable du numérique en pédagogie universitaire est un phénomène complexe qui exige du temps, des efforts, et des essaie-erreurs. Il est donc important d’intégrer progressivement le numérique dans ses pratiques d’enseignement, de tolérer l’incertitude et de se donner le droit à l’erreur en se donnant des objectifs réalistes et cohérents avec les contraintes technologiques et pédagogiques environnantes. » (Collin et Saffari, 2017)

Ces différents modèles/habiletés/stratégies donnent chacun l’occasion de prendre du recul et d’examiner comment se vit cette intégration sur le terrain…

Sources:
Collin, François et Saffari, Hamid, « Le numérique en pédagogie universitaire: du constat d’efficacité à l’adoption« , Le Tableau, Direction du soutien aux études et des bibliothèques (DSEB) en collaboration avec le Groupe d’intervention et d’innovation pédagogique (GRIIP), vol. 6, no. 2, 2017 [document PDF]
Cristol, Denis, « Pédagogie inversée, hybridation et digitalisation de la formation« , Thot Cursus, 18 janvier 2017 (MAJ: 22 mars 2017)
Duriez, Frédéric, « Le numérique en formation. Oui, mais pour changer quoi ?« , Thot Cursus, 6 mars 2017  (MAJ: 20 mars 2017)

 

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Commentaires

  1. Madame, Monsieur,
    Merci de nous ancrer dans le présent. Pour moi, c’est probablement la meilleure manière de préparer l’avenir.
    Bien cordialement,

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