Un point de vue sur les limites des portfolios

Dans une article intitulé « The limitations of portfolios« , sur le site Inside Higher Ed, trois auteurs critiquent fortement le recours aux portfolios électroniques comme principal moyen d’évaluation des apprentissages. Leur critique s’appuie sur trois limites qu’ils perçoivent des portfolios :

  • Il est difficile, voire impossible, de standardiser l’évaluation des portfolios, ce qui fait que les évaluations ne seraient pas comparables ni entre elles, ni par rapport aux objectifs. La validité et la fiabilité des résultats ne seraient pas garanties selon eux.
  • Il ne serait pas faisable d’implanter l’évaluation par portfolio à grande échelle à cause des implications logistiques de cette façon d’évaluer. L’évaluation d’un portfolio ne peut pas être automatisée, elle est longue à faire, elle doit être triangulée pour éliminer les effets de subjectivité des évaluateurs, etc. Toutes ces caractéristiques en font un instrument coûteux à administrer par rapport à d’autres formes d’évaluation.
  • Le format des portfolios offrirait de nombreuses occasions d’introduire des biais parce qu’ils sont dans leur nature même personnels et donc difficiles à « anonymiser » pour les besoins d’évaluation.

Cette critique très sévère de l’utilisation des portfolios électroniques est largement teintée de la préoccupation pour la standardisation de l’évaluation des apprentissages. La préoccupation pour la progression des apprentissages est mentionnée, mais toujours dans le contexte de comparer aux pairs et de comparer aux normes nationales ou institutionnelles. Les points de vue des auteurs gagneraient à être confrontés à ceux d’autres observateurs afin nuancer ces conclusions.

Les auteurs ne sont pas entièrement contre l’utilisation des portfolios. Ils s’opposent surtout au fait d’en faire le mode d’évaluation privilégié en remplacement des instruments standardisés existants. Les auteurs reconnaissent une utilité aux portfolios pour découvrir dans quelles activités l’étudiant s’engage, quelles sont ses perceptions de l’importance relative des divers aspects de ses études, quels pourraient être les principaux éléments à améliorer dans sa formation. Bref, on concède aux portfolios une valeur essentiellement formative.

Via Sonia Morin

Une vision du développement des compétences professionnelles aux cycles supérieurs
Interne : Momentum: site de référence des projets TIC à l'Université de Montréal

Exprimez-vous !

*