Peut-on se prémunir contre la perte d’attention attribuable au multitâche?

Combien d’attention perdons-nous à à toutes les fois où sommes interrompus dans une tâche, par exemple lorsque nous répondons au téléphone ou réagissons immédiatement à un courriel entrant?

Martin Lessard, du blogue Triplex, rapporte une étude commandée par les auteurs Bob Sullivan et Hugh Thompson aux professeurs Alessandro Acquisti (technologie de l’information) et Eyal Peer (psychologie) à l’Université Carneggie Mellon.  L’objectif était de quantifier l’effet de la perte d’attention lorsque l’on change de tâche.

« Le chercheur a placé 136 personnes dans 3 groupes différents. Tous les participants devaient lire un court texte et répondre à des questions.

Deux des groupes ont été avertis : durant l’expérimentation, ils pourraient recevoir d’autres instructions. Autrement dit, ils allaient être interrompus, un peu comme on l’est de nos jours par des alertes sur nos écrans de cellulaire et d’ordinateur ou par un coup de téléphone.

Le troisième groupe servait de groupe test et n’a jamais été interrompu dans sa tâche.

Dans un premier temps, les deux groupes cobayes ont été interrompus deux fois durant la première partie de l’expérience. On a observé une baisse de 20 % dans l’exactitude de leurs réponses comparativement au groupe test. » (notre emphase)

Ce qui devient troublant, ce sont les résultats obtenus en poursuivant l’expérience:

  • Le groupe cobaye A a été interrompu une seconde fois, avec une baisse de 14 % des résultats cette fois-ci.  Soit un peu mieux que lors de l’interruption initiale.Se seraient-ils adaptés? (Dr. Peer said this suggested that people who experience an interruption, and expect another, can learn to improve how they deal with it.)
  • Mais le résultat le plus surprenant c’est celui du groupe cobaye B, qui attendait une instruction qui n’est jamais venue.  Ses résultats ont bondi de 43 %, soit mieux que ceux du groupe test. (Dr. Peer thinks there’s a simple explanation: participants learned from their experience, and their brains adapted.)

 

Somehow, it seems, [the participants] marshaled extra brain power to steel themselves against interruption, or perhaps the potential for interruptions served as a kind of deadline that helped them focus even better.

(Traduction de Martin Lessard: « D’autres expériences seront nécessaires pour affiner les conclusions, mais il est fort possible que le cerveau s’adapte et dédie plus de ressources cognitives pour se préparer à l’interruption. Cette interruption n’est jamais venue pour le dernier groupe, pour qui les ressources cognitives ont finalement pu servir à répondre aux questions du test. »)

De là à donner raison aux étudiants qui sont convaincus d’être d’autant plus efficaces lorsqu’ils regardent la télé, clavardent et parlent au téléphone en étudiant…

Sources:

Lessard, Martin, « Comment le multitâche affecte notre attention », blogue Triplex, Radio-Canada.ca, 6 mai 2013.

Sullivan, Bob et Hugh Thompson, « Brain, Interrupted», New York Times Sunday Review, 3 mai 2013

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