Si la solitude est la première cause de la détresse étudiante, qui peut y remédier?

Au cas où quelqu’un douterait encore de l’ampleur de ce problème…

« Au printemps, le Conseil supérieur de l’éducation publiait la recension de statistiques et d’enquêtes sur la santé mentale des enfants et des adolescents.

Il rappelait que la prévalence des troubles anxieux, de la dépression, des troubles alimentaires et du TDAH est en augmentation depuis 2010. La proportion relative d’élèves du secondaire présentant une détresse psychologique élevée est aussi en augmentation au Québec, comme ailleurs dans le monde. » (Breton, 2019)

Quant à la plus récente enquête sur le sujet de la détresse psychologique des étudiants universitaires (Sous ta façade de l’Union étudiante du Québec), elle pointe vers un facteur pour le moins étonnant:

  • « L’enquête montre très bien les leviers sur lesquels on se doit d’agir immédiatement. Nous devons élaborer des stratégies pour réduire la solitude, améliorer le soutien entre collègues et réduire la compétition entre ceux-ci. Il faut aussi réduire la précarité financière des étudiantes et étudiants ainsi qu’améliorer les saines habitudes de vie sur les campus. »Philippe LeBel, président de l’Union étudiante du Québec

  • « Mais il faut aussi travailler en amont afin de réduire la solitude dans les rangs des étudiants » (Philippe LeBel).

  • «La solitude, c’est ce qui explique le plus de variables dans notre étude. Il faut augmenter le soutien par les pairs et réduire la compétition» (Philippe LeBel).

  • « Le sentiment de solitude présente «le plus grand pouvoir prédictif sur le plus grand nombre d’indicateurs de santé psychologique, et ce, tant au premier cycle qu’aux cycles supérieurs», lit-on dans l’enquête qui a mesuré ce sentiment en demandant aux étudiants s’ils manquaient de compagnie, se sentaient rejetés ou isolés des autres. »

Outre les faiblesses méthodologiques de l’enquête Sous ta façade qui n’ont pas manquées d’être soulignées (« le taux de réponse à ce questionnaire n’est que de 16 % »), nonobstant l’intérêt d’une politique nationale et d’enveloppes budgétaires pour sensibiliser et former à une saine hygiène de vie et aux exigences associées aux études universitaires…  Alors qu’il est évidemment louable de mettre en place des programmes d’aides à la vie étudiante (les AVE à l’UdeS), que l’on peut (l’on doit?) augmenter le nombre de professionnels disponibles pour répondre à cette crise, que l’on doit encourager les enseignants à ne pas envenimer la compétition qui sévit déjà entre pairs…

Le fait est qu’on semble arriver à « un problème de société qu’un gouvernement ne peut évidemment régler seul même avec la meilleure des politiques en santé mentale » (Brigitte Breton, Le Soleil).

On voudra évidemment les accompagner face à ce défi, mais qu’est-ce que cette génération d’étudiantes et d’étudiants est prête à faire pour elle-même?  Pourront-ils s’entraider davantage, aller vers ceux et celles d’entre eux qui sont seuls, s’appuyer plutôt que de se nuire en vue de la réussite des études des uns et des autres.  La pénurie de main d’oeuvre devrait diminuer la pression compétitive, non?

Sources:

Breton, Brigitte (Le Soleil), « Lutter contre la solitude » (opinion), La tribune, 20 novembre 2019

Dion-Viens, Daphnée, « 58% des [étudiants] universitaires souffrent de détresse psychologique – Quelque 24 000 étudiants de 14 établissements ont répondu à une vaste enquête« , Le Journal de Québec, 19 novembre 2019

La presse canadienne, « La détresse psychologique répandue chez les étudiants universitaires« , La presse, 19 novembre 2019

Legault, Jean-Benoît (PC), « 9 % des étudiants universitaires du Québec auraient pensé au suicide« , La tribune, 20 novembre 2019

Pion, Isabelle, « Santé mentale des étudiants: une enveloppe espérée à l’UdeS« , La tribune, 21 novembre 2019

Union étudiante du Québec, Santé psychologique étudiante : L’Enquête « Sous ta façade » de l’Union étudiante du Québec révèle une situation alarmante sur les campus québécois (communiqué), Cision, 19 novembre 2019

Union étudiante du Québec, Enquête « Sous ta façade », 9 novembre 2019, 69 pages [document PDF].

 

 

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