Diplomation canadienne: bonne performance du Québec aux cycles supérieurs, montée des femmes

Étude du CIRANO à propos de la diplomation canadienne.  Parmi les auteurs, notons Robert Lacroix, ancien recteur et professeur émérite de l’Université de Montréal et Louis Maheu, professeur émérite de cette même institution.

Lacroix et Maheu se sont intéressés « aux caractéristiques […] de la diplomation universitaire des Canadiens au cours de la période 2001-2012 : sa distribution régionale; sa distribution homme-femme; la distribution disciplinaire des diplômes octroyés et les différences homme-femme dans cette distribution, et l’efficacité avec laquelle se réalise la diplomation. » (Lacroix et Maheu, 2017, notre emphase).

Leurs principales conclusions:

« Au niveau de la répartition régionale de la diplomation, l’Ontario ressort clairement comme le lieu où elle se concentre fortement. […]

L’autre caractéristique est la très forte proportion de femmes dans la diplomation universitaire de 2001à 2012 (60,7 %). Ce n’est pas une surprise car le phénomène était déjà perceptible dès le début des années 1990, mais la contrepartie est une sous-utilisation croissante du potentiel de capital humain masculin. S’ajoutent à cela les choix disciplinaires distincts des femmes comparés à ceux des hommes… […]

Quant à l’efficacité avec laquelle se réalise la diplomation, des disparités régionales fortes apparaissent particulièrement pour la diplomation à la maitrise. L’Ontario y a un taux de diplomation des inscrits nettement supérieur à la moyenne canadienne alors que le Québec y manifeste un taux nettement inférieur à cette moyenne. » (Lacroix et Maheu, 2017, nos emphases).

Quant à la performance québécoise au sein de la fédération canadienne…

« …[O]n constate une sous-représentation de la diplomation québécoise dans l’ensemble de la diplomation canadienne pour la période 2001-2012 (22,0 %). Mais cette sous-représentation est essentiellement imputable à la faible diplomation au baccalauréat (20,5 %) puisque la performance du Québec à la maîtrise (28,6 %) et au doctorat (30,0 %) est remarquable et correspond aux attentes formulées dès le départ à cet égard.  » (Lacroix et Maheu, 2017)

Les auteurs expliquent le succès du Québec aux études supérieurs par la qualité des institutions, mais aussi par la présence des deux principales universités anglophones: « …sur la période 2001-2012, 9,5 % des maîtrises et 15,2 % des doctorats octroyés par les universités québécoises l’ont été à des Canadiens résidents d’autres provinces du Canada. » (Lacroix et Maheu, 2017)

Choix disciplinaires distincts des femmes comparés à ceux des hommes

« …[Les hommes] se concentrent très fortement dans deux secteurs disciplinaires, les sciences (STEM) et le commerce/administration alors que les femmes optent davantage pour la santé et l’éducation et, avec moins d’intensité, pour les autres secteurs des sciences humaines et sociales. Leur plus grand nombre fait toutefois que même avec des choix disciplinaires moins centrés sur certains secteurs que ceux des hommes, le nombre absolu de diplômées femmes y est, quelques fois, plus élevé que celui des hommes. Le secteur commerce/administration illustre bien ce cas de figure. […]

…[N]ous avons souligné à quel point une société qui souffrait antérieurement de la faible diplomation universitaire des femmes souffre tout autant maintenant de celle qui s’incruste de plus en plus chez les nouvelles générations d’hommes. Le problème est en plus accentué par la féminisation de la très grande majorité des secteurs contingentés qui admettent en fonction des résultats académiques antérieurs. Une proportion de plus en plus forte de jeunes hommes doit se rabattre sur des deuxièmes et même des troisièmes choix de disciplines, celui correspondant à leurs goûts et à leurs aptitudes leur étant inaccessible. Ce qui explique, en partie sûrement, les taux de décrochage plus élevés et les durées plus longues d’études chez les jeunes hommes. » (Lacroix et Maheu, 2017, nos emphases)

Source: Lacroix, Robert et Louis Maheu, Les caractéristiques de la diplomation universitaire canadienne, Centre interuniversitaire de recherche en analyse de organisation, Montréal, avril 2017, 71 p.

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