Pédagogique Tendances sociétales

Michel Serres évoque la “perte de référence” des enseignants

Interrogé à la suite de son livre Petite Poucette (2012, Le Pommier), il a notamment ces commentaires qui m’ont frappé:

« …[I]l y a 30 ans quand j’entrais dans mon amphi, je savais que les étudiants ne savaient pas ce que j’allais leur dire. Aujourd’hui, je sais qu’ils ont consulté sur internet le contenu de mon cours. Le rapport entre enseignant et enseigné s’en trouve donc fondamentalement modifié. Le lieu même de transmission du savoir a changé: on ne peut pas prévoir quel sera le visage de l’université demain. L’université est un lieu de concentration: quel type de concentration faudra-t-il inventer demain? …» [notre emphase] […]

« …Je pense que face à ces bouleversements, les enseignants sont totalement désorientés. Lorsque les choses changent, lorsque votre environnement se modifie, vous expérimentez une forme de perte de référence. Il y a un temps d’adaptation et de désorientation, comme quand nous sommes passés, au début du siècle, du cheval à l’automobile. C’est ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Les medias subissent d’ailleurs la même transformation avec l’explosion du web. Il y a peu d’emetteurs et beaucoup de récepteurs. Sur le web, il y a autant de récepteurs que d’émetteurs et le changement se situe précisément ici. » [notre emphase]

Source: Missir, Marie Caroline, « Michel Serres: “Les enseignants sont totalement désorientés”», L’express, 15 novembre 2013

 

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À propos de l'auteur

Jean-Sébastien Dubé

Jean-Sébastien Dubé

Jean-Sébastien Dubé est coordonnateur de la veille et de la gestion des connaissances au SSF. C'est également le rédacteur en chef de L'éveilleur. De par ses fonctions, il se doit d'être touche-à-tout, mais il s'intéresse particulièrement à l’identification et au développement de compétences transversales (numériques et humaines), aux caractéristiques des nouvelles clientèles étudiantes, aux nouveaux espaces d'apprentissage, aux nouvelles formes de certification, ainsi qu'à l’intégration de récits à la formation.

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