Une enquête auprès des premiers professeurs de MOOC

Le Chronicle of Higher Education révèle les résultats d’un sondage non-scientifique auquel 103 des 184 professeurs ayant offert des MOOC jusqu’à présent ont répondu [des xMOOC, surtout américains, on le suppose, mais Toronto est représenté].  Comme le précise le journaliste Steve Kolowich, les répondants sont sans doute les créateurs de MOOC les plus enthousiastes (on précise que ceux qui ont vécu des déboires très médiatisés n’ont pas daigné répondre).  Il s’agit d’hommes blancs, le plus souvent professeurs de carrière, qui se sont portés volontaires pour enseigner un MOOC dans 85 % des cas, mais qui sont loin d’être nécessairement des technophiles (moins de 35 % d’entre eux avaient déjà enseigné en ligne).  Certains résultats frappent:

  • L’enthousiasme (hype) autour des MOOC est-il justifié ? 79 % répondent OUI.
  • Les étudiants ayant réussi votre MOOC méritent-ils des crédits de vos institutions? 72 % estiment que NON.
  • Votre MOOC était-il aussi rigoureux que la version du même cours en classe? 48 % estiment que OUI.
  • Croyez-vous que les MOOC diminueront significativement les coûts de la formation universitaire? 45 % estiment que OUI (+ 41 % qui croient que ces coûts pourraient diminuer de façon marginale)
  • Est-ce que l’expérience d’enseigner un MOOC changera votre façon d’enseigner le même cours en classe? 73.7 % estiment que OUI.
  • Est-ce que le fait d’enseigner un MOOC a rogné du temps normalement consacré à la recherche, à la participation à des comités ou à l’enseignement traditionnel? 55 % estiment que OUI, alors que 26 % répondent « quelque peu ».
  • Les raisons qui les ont motivé à offrir un MOOC sont multiples (et ils pouvaient en choisir plus d’une): augmenter l’accès à l’éducation supérieure: 71,8 %; augmenter son influence comme enseignant: 40,8 %; augmenter sa visibilité/réputation dans son champ disciplinaire: 37,9 %; apprendre des trucs pour améliorer son enseignement en classe: 36,9 %; augmenter sa visibilité/réputation dans les médias et auprès du grand public : 33 %; etc.

Si les professeurs ayant expérimenté les MOOC en ressortent enthousiasmés par rapport à la formation en ligne (dans 90 % des cas), ils admettent que cela requiert énormément de travail.  Extrait de l’article:

« The insights that come with teaching massive online courses, however, come at a price. Many professors in the survey got a lot out of teaching MOOCs, but teaching MOOCs took a lot out of them.

Typically a professor spent over 100 hours on his MOOC before it even started, by recording online lecture videos and doing other preparation. Others laid that groundwork in a few dozen hours.

Once the course was in session, professors typically spent eight to 10 hours per week on upkeep. Most professors managed not to be inundated with messages from their MOOC students—they typically got five e-mails per week—but it was not unusual for a professor to be drawn into the discussion forums. Participation in those forums varied, but most professors posted at least once or twice per week, and some posted at least once per day. […]

Most colleges do not yet have a protocol for integrating their instructors’ work on MOOCs into normal faculty work flow. But if the survey responses are any indication of how much work goes into a MOOC, institutions may soon have to figure out how to help professors fit them into their professional lives.

« It takes an immense amount of work to produce an adequate MOOC, » said Armando Fox, a professor of electrical engineering at the University of California at Berkeley who has co-taught three MOOCs for Coursera, « and a staggering amount of work to produce a really good one. » »

Plusieurs autres résultats intéressants se trouvent dans ces articles, mais il devient difficile de tout reprendre ici: le type de matériel assigné (vidéos et ressources ouvertes, surtout), les modes d’évaluation utilisés et la perception de leur efficacité, la quantité d’interactions par courriels et par forums, la perception de la formation en ligne avant et après avoir donné le MOOC…  Il s’agit cependant de contenu réservé aux abonnées du Chronicle.

Sources:

Kolowich, Steve, « The Professors Who Make the MOOCs » , The Chronicle of Higher Education, 18 mars 2013 [contenu d’accès restreint aux abonnés]

Kolowich, Steve et Jonah Newman, « Additional Results From The Chronicle’s Survey« , The Chronicle of Higher Education, 18 mars 2013 [contenu d’accès restreint aux abonnés]

 

Class Central: un aggrégateur de MOOC
UnCollege.org: la déscolarisation au niveau universitaire

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