Technologies de rupture en formation : des principes behavioristes qui ne sont pas si nouveaux

Dans le Inside Higher Ed, Alexandra Logue, provost de la City University de New York, signe un assez long texte sur le fait que les plus récentes tendances quant au soutien technologique à la formation ne sont en fait que l’application de principes behavioristes énoncés depuis les cent dernières années.

Des principes éprouvés comme l’individualisation de la formation, les évaluations fréquentes, l’emphase sur les résultats, la rétroaction immédiate, etc. facilitent l’apprentissage.  Selon elle, des « innovations de rupture » (disruptive) comme les MOOC, les learning analytics [qu’elle ne nomme pas, mais dont on devine l’apport] et la classe inversée reposent sur ces principes qui ont été présenté il y a déjà plusieurs décennies par des auteurs comme Thordike (1912), Skinner (1953, 1961), Keller (1968).

Pour Logue, il n’est nul besoin d’attendre l’émergence et/ou l’acquisition de dispositifs technologiques complexes et coûteux pour appliquer de tels principes à l’enseignement.

« A related lesson is that it is not the existence of the latest technology or its potential uses that will help us to maximize student learning, but using what we know and have. Faculty must be both aware of the techniques and tools at their disposal, and want to use them. This requires proper training during graduate school, professional development later on, and appropriate college and university incentive structures (all of which have been too often missing if the repeated rediscovery of these techniques and tools during the past century is any indication). »

Source : Logue, Alexandra W., « Higher Ed Disruption: Not So New« , Inside Higher Ed, 8 octobre 2012.

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Commentaires

  1. Eric Chamberland a écrit:

    C’est toujours un peu délicat de parler de behaviorisme en cette ère de constructivisme. Le behaviorisme a mauvaise presse, même si plusieurs principes découverts sous ce paradigme ont toujours leur pertinence dans les bonnes circonstances.

    L’auteure aborde la technologie éducative sous l’angle du behaviorisme (de façon quand même positive, à mon avis), mais elle souligne avec raison qu’une longue tradition existe et qu’on ne vient pas tout juste de découvrir la roue ou le feu. Je crois cependant qu’on peut tout à fait poser un regard cognitiviste et contructiviste sur l’utilisation de la technologie en éducation et en appliquer les principes. Le regard behavioriste qu’elle pose est pertinent, mais pas exclusif.

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