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Rapport d’étonnement: Favoriser le bien-être psychologique des personnes TNBQ

Le mercredi 31 mars 2021, j’ai assisté à la conférence « Le bien-être psychologique et la persévérance scolaire chez les personnes trans, non-binaires et en questionnement identitaire de genre » offerte par la professeure Julie-Christine Cotton du Département des sciences de la santé communautaire de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. La conférence était offerte dans le cadre de la première semaine Arc-en-ciel de l’UdeS. On nous a notamment rappelé qu’il s’agissait de la Journée internationale de la visibilité trans.

La professeure Cotton est une conférencière généreuse et dynamique. Sa présentation a été l’occasion de prendre conscience de nombreux enjeux entourant la santé mentale des personnes trans, non-binaires et en questionnement identitaire de genre, dont elle nous a présenté l’acronyme TNBQ.

Je n’entrerai pas dans le détail des résultats qui nous ont été présentés (Enquête exploratoire sur l’accès aux services, les besoins, les enjeux d’insertion (sociale, scolaire, professionnelle) et de santé mentale des personnes trans, non-binaires ou en questionnement identitaire de genre, réalisée en 2018), souhaitant laisser à la professeure Cotton le soin de choisir où et quand elle partage le fruit de ses recherches.

Ce qui m’a frappé cependant c’est le fait que « [l]es personnes en questionnement (surtout sur le fait d’effectuer une transition) semblent vivre plus de détresse [psychologique] comparativement à celles qui ont complété leurs démarches de transition ou qui ne prévoient pas en faire ». Par ailleurs, les personnes se définissant comme « en cours de transition » (sociale, légale ou médicale) étaient celles qui vivaient le plus d’idéations suicidaires et qui étaient les plus susceptibles d’abandonner leurs études ou d’annuler/reporter l’inscription à des activités pédagogiques. Selon la professeure Cotton, « Meilleur est le sentiment de congruence [entre l’identité de genre vécue et l’identité de genre assignée], moins il y a détresse psychologique ».

Je souhaite plutôt attirer l’attention des personnes lectrices sur les recommandations de la professeure Cotton pour favoriser le développement de milieux de travail et d’études inclusifs:

  1. Prenez conscience de votre privilège d’être cisgenre.
  2. Questionnez le genre seulement lorsque nécessaire.
  3. N’assumez pas l’identité de genre d’une personne.
  4. Utilisez le pronom et le nom appropriés, même en l’absence des personnes concernées.
  5. Acceptez de faire des erreurs et de ne pas être expert.
  6. Sur le plan institutionnel, demandez à votre milieu scolaire ou de travail d’être
    plus inclusif.

De même, j’ai été particulièrement intéressé par les expérimentations de la professeure à titre d’enseignante afin de devenir la meilleure alliée possible…

  • Avoir une approche inclusive transversale d’inclusion dans tout genre de contenu [présentés en classe]
    • Introduction des cours [préciser que la salle de classe se veut un milieu inclusif, inviter les personnes étudiantes à préciser comment elles souhaitent que l’on s’adresse à elles, le clarifier pour soi-même, etc.]
    • Vignettes cliniques [inclure des les vignettes des personnes non-binaires ou trans, sans que l’identité de genre soit un enjeu dans la vignette]
    • Questions d’examen [de même]
    • PPT (photos) [inclure des photos de personnes de la diversité parmi les habituelles photos de personnes cisgenres]
    • Nom et pronom sur zoom [à côté du nom des participants à cette conférence, certaines personnes avaient indiqué entre parenthèses le pronom qu’elles souhaitaient que l’on utilise pour parler d’elles à la troisième personne]
  • Oser l’innovation dans l’envoi de courriels…
    • Lorsque cela est possible, utilisez le prénom de la personne afin d’éviter l’utilisation de « madame » ou « monsieur », pour ensuite la vouvoyer. Une autre option, lorsque cela est possible, est d’utiliser le titre professionnel de la personne comme « professeur » suivi du prénom… [ici la professeure Cotton a admis qu’elle cherchait encore une solution satisfaisante. Elle n’était pas toujours à l’aise d’y aller d’un simple “Bonjour” en omettant le “Monsieur, Madame”, notamment lorsqu’il s’agit de s’adresser à des personnes en autorité…]
    • On peut constater une tension entre les normes socioculturelles de politesse et l’inclusion.
  • Développement d’outils de communication inclusive pour la communauté universitaire [de tels outils sont en préparation sous la responsabilité de la vice-rectrice aux études, la professeure Christine Hudon].

Enfin, je souhaite souligner qu’à la suite de la demande de plusieurs personnes participantes à la conférence d’obtenir des outils écrits, la professeure Cotton nous a relayé les références suivantes.

Concernant les milieux scolaires (niveau secondaire)
Cotton, J.C., Supeno, E., Pullen Sansfaçon, A. et Beauchesne Lévesque, S.G. (2020). Intervention auprès des trans et non-binaires en contexte scolaire : repères légaux, déontologiques et éthiques (partie 1). L’Orientation. 10(2). 16-20

Cotton, J.C., Supeno, E., Pullen Sansfaçon, A. , Roy, S. et Beauchesne Lévesque, S.G. (2021). Intervention auprès des jeunes trans et non-binaires en contexte scolaire : enjeux de santé mentale et repères éthiques (partie 2). L’Orientation. 11(1). 16-21.

Concernant les milieux de travail
Cotton, Julie-Christine et Annie Pullen-Sansfaçon, « AU-DELÀ DU BINAIRE : CONTRER LES DISCRIMINATIONS FONDÉES SUR L’IDENTITÉ DE GENRE AU TRAVAIL », CERIC, 4 février 2020

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Jean-Sébastien Dubé

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