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Enseigner en pleine conscience

Dans ma tête, c’est la course folle…! Et plus je suis physiquement immobile, plus cette course s’accélère, se prolonge, rejoue en boucle! Sans doute vous arrive-t-il aussi d’avoir la tête pleine d’une longue litanie de pensées moches, culpabilisantes ou sans intérêt réel. Et vos étudiantes et étudiants n’y échappent pas non plus! Cet interminable monologue de notre mental fait des ravages tant sur notre attention au moment présent que lorsque vient le temps de passer en mode apprentissage.

Des pédagogues ont vu dans cette tyrannie du discours mental incessant une opportunité pour introduire les bases d’une approche qui se répand dans de nombreux milieux de pratique : la pleine conscience (PC).

La pleine conscience est un état de conscience qui résulte du fait de porter une attention soutenue, de façon intentionnelle et dépourvue de jugement, sur ce qui se passe dans le moment présent.

Le Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale, Université de Sherbrooke.

C’est le cas de Kristin L. Roush, professeure de psychologie au Central New Mexico Community College. Dans son article, Roush nous explique sommairement les bénéfices de la pratique de la PC sur nos performances cérébrales (mémoire de travail, attention, résolution de problèmes) et sur notre gestion du stress (renforce l’immunité, diminue la douleur, réduit l’anxiété et l’insomnie).

L’enseignement et la pleine conscience
Selon Roush, il n’est pas nécessaire d’être un adepte ou un disciple de la PC pour l’intégrer à son enseignement. Bien qu’une formation et une pratique régulière permettent de mieux démontrer les bénéfices de la PC à des néophytes, on peut tout de même enseigner, par de brèves activités expérientielles, les bienfaits de la PC à nos étudiantes et étudiants. Elle nous propose quelques exemples.

  • De temps en temps, demandez aux étudiantes et étudiants de signer en utilisant leur main non dominante. Faites-leur remarquer combien cela demande de concentration et demandez-leur comment ils se sentent en le faisant.
  • Demandez-leur d’écrire en haut de leurs notes de cours : ” Si je devais être distraite, distrait par quelque chose aujourd’hui pendant le cours, ce pourrait être _______. Je choisis de mettre cela de côté pendant cette heure de cours”.
  • Lorsque les étudiantes et étudiants se répartissent en petits groupes de discussion, remarquez et soulignez comment la disposition des sièges (en présentiel) ou l’utilisation des divers outils techno (caméra, clavardage à distance) affecte le flux d’énergie et les sentiments d’inclusion ou d’exclusion.
  • Reconnaissez votre propre processus de transition lorsque vous vous rendez au campus et en revenez.
  • Faites attention à votre respiration… surtout à l’expiration. C’est dans l’expiration que réside la magie.
    Traduit avec www.DeepL.com/Translator, nos ajustements.

À force d’expérimenter la pleine conscience, il se peut qu’émerge en vous une nouvelle façon d’enseigner. Nous avons d’ailleurs joint à cette dépêche un excellent guide pratique pour s’initier à la chose. Il se peut aussi que, tout simplement, la prochaine “catastrophe” ne débarque plus en démagogue dans vos pensées et fasse en sorte que vous ayez le réflexe de ralentir…!

Sources:

Kristin L. Roush, Moving from Multitasking to Mindfulness, Faculty Focus, 9 mars 2015.

Morin, M-C., Berrigan, F., Guide de présence à soi, Université de Sherbrooke, Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale destiné aux enfants, adolescents et adolescentes et aux jeunes adultes, novembre 2018, 55 p.

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À propos de l'auteur

Daniel Genest

Daniel a longtemps été occupé à analyser et concevoir des formations tous azimuts. Il essaie aujourd'hui de faire connaître ses découvertes pédagogiques aux personnes formatrices à la recherche de solutions concrètes.

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