Pédagogique

Paramètres psychologiques facilitant l’apprentissage, selon les neurosciences

Qu’est-ce que l’apprentissage chez l’humain? Voilà une question qui n’a pas fini de recueillir des réponses. Pour sa part, Isabelle Simonetto, docteure en neurosciences et conférencière, nous propose des paramètres psychologiques et des conditions pour qu’un apprentissage se fasse et laisse une trace dans notre cerveau.

Selon Simonetto, sept paramètres psychologiques peuvent faciliter un apprentissage (notre emphase en gras) :

  • l’intérêt direct ou indirect,
  • l’entraînement,
  • un bon état physique et mental,
  • des stratégies efficaces,
  • la compréhension (qui implique de posséder des savoirs de base),
  • un état émotionnel approprié,
  • de l’attention et de la concentration.

« Si l’on arrive à bien jouer de ces sept paramètres, on se trouve alors dans un état optimal pour apprendre et retenir.»  La plupart de ces paramètres peuvent facilement s’expliquer. Cependant, l’état émotionnel approprié et les stratégies efficaces méritent quelques précisions.

Les émotions : barrières ou adjuvants?

Le monde des émotions joue sans doute un rôle lors de l’apprentissage. Les moments passés en bonne compagnie ou lorsqu’une grande émotion surgit pendant l’apprentissage contribuent, d’une manière ou d’une autre, à la rétention des informations. Certains sentiments, moins apparents, comme le manque de confiance en soi, peuvent aussi peser dans la balance.

« En tant qu’apprenant, penser que l’on est mauvais dans une discipline, par exemple avant de passer un examen de mathématiques, fait que l’on ne va pas consacrer 100 % de ses capacités à résoudre le problème posé, mais plutôt 80 % : les 20 % restants seront occupées à lutter contre le préjugé ou le stéréotype. »

Trois stratégies pour apprendre

À partir de son expertise en neurosciences, Simonetto considère tout apprentissage comme le résultat d’une mémorisation…. Elle-même étant la conséquence d’une ou de plusieurs de ces trois façons d’apprendre (notre emphase en gras) :

  • « structurer : on peut le faire visuellement, de manière auditive, kinesthésique, avec du mindmap, avec un plan…
  • faire des associations d’idées : elles peuvent être visuelles, auditives, imaginatives, logiques, mais il faut passer par l’étape « à quoi cela me fait-il penser ? ».
  • faire de l’imagerie mentale : il existe plusieurs types d’images mentales. Cela peut être une représentation précise, mais aussi une image visiospatiale (je me vois me déplacer dans un environnement), ou une image mentale sensorielle. »

On peut en conclure que le rappel de structures mnémoniques (créer des liens, associer le nouveau avec des éléments connus ou vécus) serait souhaitable dans nos formations. Peut-être que des exemples supplémentaires, des discussions ou des mises en situation pourraient augmenter la valeur mnémonique de nos formations… À vos claviers!

Source: Cursuspro entreprise, Isabelle Simonetto :  « Quand on met en situation de structurer, d’associer et d’imager, le résultat est la mémorisation », blogue, juillet 2018.

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Daniel Genest

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