DeepL: le futur de la traduction passera par l’apprentissage automatisé

Notre collègue Marc Couture vient récemment de nous faire découvrir DeepL, mais le site a été lancé fin août 2017.  Il s’agit d’un outil de traduction gratuit d’origine allemande qui s’appuie sur les plus récentes découvertes en apprentissage automatisé (deep learning) faites à Montréal, mais aussi sur l’extensive base documentaire de Linguee, outil qui a déjà été utilisé par 300 millions d’internautes et qui provient de Deepl Gmbh, la même compagnie.

[Linguee] tire son succès de sa recette originale, consistant à proposer des traductions contextualisées plutôt qu’un simple mot équivalent. Le service s’appuie pour cela sur un corpus de plus d’un milliard de textes traduits par des humains, issus de différentes sources, notamment des textes du Parlement européen, des brevets de l’Unesco ou des écrits littéraires [et ajoutons: plusieurs textes du gouvernement fédéral canadien].

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À l’instar de Google, les startups spécialisées dans la traduction automatique utilisent depuis quelques années des algorithmes singeant le fonctionnement du cerveau humain pour gommer les approximations et les contresens et se rapprocher du niveau d’un traducteur professionnel.

Ces réseaux de neurones artificiels sont entraînés à discerner automatiquement la meilleure traduction possible d’une suite de mots en fonction de la grammaire, de la structure, du contexte et du sens pour fournir le résultat le plus naturel. Ils sont ensuite appliqués à la puissance de calcul d’un superordinateur capable de traduire plus d’un million de mots par seconde. (Hue, 2017)

D’après ses créateurs, DeepL serait « trois fois plus performant que Google translate ».  « Elle s’appuie pour cela sur les résultats du test BLEU (Bilingual Evaluation Understudy), le standard de référence pour évaluer la qualité d’un texte traduit mécaniquement d’une langue naturelle à une autre. » (Hue, 2017)

Des journalistes du Monde ont effectué des tests sur de la poésie, des documents techniques, etc. pour évaluer les différences entre cinq services de traductions (DeepL, les services de traduction de Google, Bing, Yandex et Baidu). Il apparaît que DeepL performe effectivement mieux que ses concurrents.  Ses traductions restent cependant plus froides et moins fluides que des traductions humaines.

Pour l’instant, ce nouvel outil fonctionne en sept langues : anglais, français, allemand, polonais, espagnol, italien et néerlandais, alors que Google translate  traduit 103 langues.  « DeepL promet d’élargir rapidement son offre avec le mandarin, le japonais, le portugais et le russe, pour un total de 230 combinaisons linguistiques d’ici la fin de l’année [2017, mais ça ne semble toujours pas être le cas en janvier 2018] ». (Hue, 2017)

Pour avoir accès au traducteur : https://www.deepl.com/translator

Sources:

Courcelles, Michel, « Un nouveau traducteur automatique: Deepl« , Service de documentation et d’information spécialisée, INRS, 31 août 2017

Hue, Benjamin. « Deepl, le traducteur en ligne de Linguee qui prétend surpasser Google Translate« . RTL-futur, 30 août 2017

Larousserie, David et Leloup, Damien, « Quel est le meilleur service de traduction en ligne?« , Le Monde, 29 août 2017.

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