Entre les X et les Y: La génération I, qui évolue de pair avec l’ordinateur

Billet intéressant de Devin Coldewey de CrunchGear, il y présente sa génération, les I (nés entre 1975 et 1985), comme la génération ayant littéralement grandit avec l’ordinateur (« Middle Children of the Information Age »).  La nuance est importante, contrairement aux Y (ou C) qui ont grandit en présence permanente de l’ordinateur, Coldewey parle de ceux dont les différentes phases de la vie ont été accompagnées par l’évolution de l’ordinateur:

 For the personal computer and the internet, the infancy of the technology coincided with the infancy of my generation, its adolescence with our adolescence, its growth with our growth, in such a pas-de-deux as has no precedent in history and, for all we know, may have no equal in futurity.
[…]
…Every year the computer was changing its case, its OS, its capabilities, its interface — everything changed about it, but we still recognized it, the way we’d recognize an old playmate year after year who, though changing in size, aspect, and ability, we still know. That is how Generation I knows the computer, the internet, the smartphone, and whatever comes next. Not as a series of devices, but as the natural progression of a friend whom we know by sight in spite of the changes wrought by time and culture. Perhaps it is best expressed that we know the ghost in the machine, that which has informed and guided the progression of the technology from household appliance to a tool as fundamental as the wheel.

L’auteur ne prétend pas que cette position « parallèle » à la technologie donne un avantage à sa génération.  Toutefois, en filigrane, on sent que pour lui cela confère une responsabilité particulière à ses congénères:

 What was the work of the baby boomers? Was it driving cars around fast and knowing how to clean a carburetor? Hell no. Their task wasn’t just to know the technology that would shape their world, but to shape their world. And that’s our job as well. What changes the world will know in the next 20 years are impossible to predict, but you better believe that Generation I are going to set their shoulders to it.

À mon sens, le mérite de ce billet est d’adjoindre à la métaphore générationnelle une vision de l’innovation technologique.  Prenant l’exemple de l’automobile, Coldewey perçoit quatre phases de développement:  l’invention (marteau) par une génération précédente, l’introduction (papier) alors que la technologie est encore difficilement accessible à un large public, l’internalisation (bricolage/ tinker) par une génération qui s’amuse et améliore la technologie considérée comme « nouvelle », et enfin l’intégration (miroir) alors que cette technologie fait partie du quotidien de la majorité.

Encore plus intéressant pour nous, mais peu évoqué dans le billet, est la perception que différentes générations auront d’une même technologie.  Ces différences de perceptions risquent de s’affronter à un moment donné, alors que les « I » voudront que la technologie ait davantage d’impact que ce que les Y lui attribuent:

To be born a few years earlier would mean to see the personal computer and the internet as an new and exciting gadget, like the VCR or Walkman. A few years later would be to arrive late to the show: to grow up in the presence of computers, smartphones, and the internet, but not to grow up with them. Taken for granted, these things become black boxes; on the other hand, seen as just another set of devices and applications, they lose their transformational potential. [mes emphases]

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Commentaires

  1. Eric Chamberland a écrit:

    Je suis du début de cette génération (né en 1976) et c’est exactement ce que je me dis depuis longtemps : j’ai eu l’immense privilège de naître au moment où l’ordinateur est devenu accessible au grand public et de grandir au fur et à mesure que l’ordinateur personnel évoluait. J’ai toujours pensé que c’était un avantage pour bien comprendre cet outil que de l’avoir vu grandir à mesure que moi-même je grandissait. J’ai appris à programmer en 1989 avec un ordinateur Tandy à 128 ko de mémoire, quand c’était très simple, et j’ai continué d’apprendre au fur et à mesure que la technologie progressait, ce qui fait que j’ai pu assimiler très progressivement des savoirs qui auraient été difficiles à prendre d’une seule bouchée. Je crois qu’apprendre à programmer jeune est un atout : le cerveau se moule autour des concepts et ils sont plus intégrés.

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