Le CNRS publie un guide sur la recherche intègre et responsable

L’intégrité en recherche et la recherche responsable sont des thèmes récurrents dans la littérature scientifique depuis quelques années, témoignant des préoccupations grandissantes du milieu scientifique en la matière.  D’ailleurs, les trois fonds de recherche du Québec sont actuellement en consultation sur une politique sur la conduite responsable en recherche.

La dépêche du 5 décembre du blogue Rédaction médicale et scientifique à l’effet que le comité d’éthique du CNRS vient de publier Promouvoir une recherche intègre et responsable, un guide de 44 pages participe de cette même préoccupation.

À la page 14, on rappelle qui peut être auteur d’une publication et quels sont ses engagements et responsabilités :

  • L’auteur d’un article doit apporter une contribution intellectuelle directe et substantielle à la conception de la recherche, aux mesures, à l’interprétation des données, ou à la rédaction de la publication.
  • L’auteur doit être capable de défendre tout ou partie du contenu de la publication.
  • La responsabilité des auteurs est engagée dès lors qu’ils sont signataires de la publication même s’ils n’ont contribué qu’à une partie du travail publié..
  • Tous les signataires doivent pouvoir bénéficier des retombées du travail publié.
  • L’adjonction, par complaisance, aux listes de signataires, d’auteurs «honorifiques» ou «fantômes» (personnes ayant hébergé le projet sans y participer, ayant fourni les équipements ou échantillons nécessaire à la recherche …) est à proscrire.

À la page 20, on aborde l’encadrement des doctorants,

Depuis 2009, un contrat unique régit le recrutement des doctorants par les établissements publics d’enseignement supérieur et les organismes de recherche. D’une durée de trois ans, il apporte toutes les garanties sociales d’un vrai contrat de travail conforme au droit public et fixe une rémunération minimale. Le doctorat devient une expérience professionnelle à part entière, intégrant les chercheurs doctorants parmi les personnels de l’établissement. Au sein des laboratoires d’accueil, les doctorants et directeurs de thèse sont aussi liés par un accord à travers la charte des thèses qui définit leurs droits et devoirs respectifs. Cet accord porte sur le choix du sujet et sur les conditions de travail nécessaires à l’avancement de la recherche et à la garantie de sa qualité. La liste ci-dessous cadre les responsabilités du directeur de thèse. Adaptées à chaque discipline, elles ont vocation à figurer dans le règlement intérieur du laboratoire.

La charte des thèses dont il est question dans le guide est un document officiellement décrit par un arrêté gouvernemental
(3-9-1998).

Toujours à la page 20, on décrit les responsabilités du directeur de thèse dans la formation des doctorants :

  • Les former aux concepts et méthodes de la discipline.
  • Les informer des textes législatifs et réglementaires à respecter.
  • Les former à une analyse critique des données scientifiques.
  • Les former à l’écriture d’articles, revues, résumés de congrès.
  • Leur permettre l’accès à la communauté scientifique, à des collaborations, des congrès…
  • Les préparer à faire des exposés dans la langue usuellement utilisée dans leur discipline. Les encourager à suivre des formations en anglais lorsque la discipline l’exige.
  • Les engager à suivre des formations doctoriales* pour préparer leur carrière.

*Créées par le Ministère de la Défense et l’Association Bernard Gregory (Intelli’agence), les Doctoriales® sont des sessions de formations destinées aux doctorants en 2ème ou 3ème année de thèse, ayant pour but de les aider à prendre conscience des atouts de leur formation par la recherche et à élaborer leur projet professionnel en fonction de leurs souhaits et de leurs aptitudes. 
(Source : http://www.paristech.fr/index.php/doc_fre/Programmes-doctoraux/Formations-complementaires/Les-Doctoriales)

Aux pages 31 et 32, on aborde la fraude scientifique, dont le plagiat, et son traitement.  Un paragraphe est digne de mention :

Le traitement de la fraude est très dépendant de la culture du pays. La fraude et la falsification sont considérées aux États-Unis comme des détournements des fonds fédéraux et les fautifs encourent des sanctions juridiques y compris des amendes et des peines de prison. L’Office of Research Integrity (ORI) traite des accusations de fraude et d’inconduite dans le cadre des recherches financées par le Ministère de la Santé. Les avis qu’il formule et les jugements sont signalés nominalement dans une « NewsLetter » accessible à tous publics. En France, contrairement à d’autres pays d’Europe, il n’existe aucun texte qui définisse de manière officielle ce qu’est l’inconduite en recherche. La France ne possède pas non plus d’instance dévolue au traitement de la fraude au niveau national et les problèmes se traitent institution par institution. A ce jour, seules trois d’entre elles ont créé ces instances : l’Université Lyon 1, l’INSERM avec la Délégation à l’Intégrité Scientifique et l’Institut Pasteur avec le comité de Veille Déontologique et de Conciliation.

Enfin, on retrouve à l’annexe A1 (p. 36) la Déclaration de Singapour sur l’intégrité en recherche et la Déclaration de Montréal sur l’intégrité de la recherche collaborative.

Source : Maisonneuve, Hervé.  Le premier guide français sur l’intégrité scientifique (COMETS) : ‘le poids des publications dans l’évaluation est à l’origine de dérives’Rédaction médicale et scientifique.  05 décembre 2013.

 

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