Le Québec ne peut pas actuellement doubler ses admissions d’étudiants étrangers

En raison du faible taux de natalité qui a duré plusieurs années et qui limite maintenant le bassin d’étudiants aux études postsecondaires, les universités se sont tournées vers les étudiants internationaux pour maintenir un certain ratio de demandes d’admission. Ces étudiants peuvent soit arriver directement à l’ordre universitaire ou passer par un diplôme collégial afin d’être admis par la suite à l ‘université dans un programme de leur choix.

Or, « au moment où un rapport du gouvernement fédéral sur l’éducation internationale propose de doubler le nombre d’élèves étrangers dans les collèges canadiens, des embûches administratives empêchent le Québec d’en faire autant. [En effet, l]’an dernier, Québec a pourtant mis sur pied un comité interministériel chargé de se pencher sur la question. Il devait remettre son rapport en décembre 2011, mais les délais s’étirent » et il semble que cela n’aura pas lieu avant 2013, selon Jean Beauchesne, président et directeur général de la Fédération des cégeps.

Dans son rapport rendu public, L’éducation internationale: un moteur-clé de la prospérité future du Canada, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada « rappelle que le Canada connaîtra une pénurie importante de travailleurs qualifiés dans 10 ans. Le rapport fait donc 14 recommandations, dont la première est de doubler le nombre d’élèves étrangers dans les collèges. En 2011, le Canada accueillait 239 131 étudiants étrangers. L’objectif est d’en accueillir 450 000 d’ici à 2022.

Si le MELS ne simplifie pas le processus à court terme et ne revoit pas l’entente France-Québec, la belle province risque de manquer cet apport potentiel de nouveaux étudiants. Actuellement, « il y a moins de 3000 élèves étrangers dans les collèges québécois. La majorité d’entre eux a bénéficié de l’entente entre la France et le Québec qui permet aux élèves français de payer les mêmes droits de scolarité que les Québécois ».

« Bien davantage que la barrière linguistique, ce sont des problèmes administratifs qui bloquent le recrutement à l’étranger, [indique M. Beauchesne]. Les cégeps doivent notamment respecter les «quotas» d’élèves prescrits par Québec, sans quoi on leur impose des pénalités financières. Or, la plupart des élèves étrangers souhaitent étudier dans les grandes villes comme Montréal, et les établissements sont déjà remplis. »

« Dans les autres provinces, notamment en Ontario et en Colombie-Britannique, les collèges facturent directement les droits de scolarité aux élèves étrangers – environ 10 000$ annuellement -, ce qui leur permet de construire des logements et d’organiser des services pour les accueillir. Ce n’est pas le cas au Québec, où c’est le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui empoche la majeure partie des droits de scolarité. »

L’avantage que les universités ont sur les collèges, c’est qu’elles peuvent « adapter leurs programmes afin que des élèves étrangers fassent une partie de leurs études au Québec et une partie dans leur pays », ce qui facilite au moins le passage d’un ou de quelques trimestres d’un étudiant international sur un campus même s’il n’y fait pas tout son programme. Par contre, la limitation d’inscriptions au collégial a un impact tôt ou tard à l’ordre universitaire par la suite, car ce ne sont pas tous les étudiants internationaux qui aspirent à un diplôme technique.

Source : BRETON, Pascale. « Trop d’embûches administratives pour les étudiants étrangers », dans le journal La Presse (Montréal), du mercredi 19 septembre 2012, p. A19 et en ligne.

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