L’abolition du Programme d’études canadiennes par le MAECI nuira possiblement à l’admission d’étudiants internationaux

Dans l’ère des réductions budgétaires du gouvernement fédéral, le 30 avril 2012, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) mettait fin au Programme d’études canadiennes, aussi connu sous l’appellation du programme Comprendre le Canada. Doté d’un budget annuel de cinq millions de dollars, ce programme avait l’avantage d’aider des enseignants à l’étranger à stimuler auprès de leurs élèves l’étude du Canada sous différentes formes, littérature, histoire, politique, etc., et même les amener à faire un voyage au Canada pour voir concrètement ce qu’ils ont étudié. De plus, ce programme avait comme effet secondaire d’inciter des étudiants internationaux à venir poursuivre des études également en sol canadien.

L’auteur de l’article, Paul Martin, ancien directeur du programme d’études canadiennes à l’Université du Vermont de 2006 à 2011, est consterné par la nouvelle. Il déclare en effet : « À mon avis, cependant, la plus importante retombée de cet investissement provient des nombreux étudiants diplômés de l’Université du Vermont qui considèrent leur voyage à Ottawa comme la meilleure expérience de leur parcours au premier cycle. Certains de ces étudiants sont revenus au Canada pour étudier, et quelques-uns ont même choisi de s’y installer de façon permanente. Tous ont appris à voir le Canada d’une autre manière et à diffuser ce savoir dans le cadre de leur vie professionnelle et personnelle aux États-Unis. Cette forme de diplomatie publique est précieuse pour le Canada et son gouvernement. Pour nous, qui avons observé la réaction de nos étudiants à l’égard du Canada année après année, la décision d’abolir ce programme est totalement inexplicable et infiniment navrante. »

Selon M. Martin, le budget de cinq millions était vraiment peu onéreux pour tout ce qu’il permettait : « Grâce à ces fonds, des programmes et des cours d’études canadiennes existent dans 50 pays et plus de 7 000 spécialistes des études canadiennes travaillent à l’extérieur du Canada, souvent en association avec l’un des 290 centres d’études canadiennes établis dans le monde entier. », d’où la portée internationale de cette abolition de programme par le MAECI.

Plus localement, on ne peut pas ignorer tout le travail de promotion et de recrutement que font les universités québécoises notamment à l’étranger. De ne plus pouvoir bénéficier de l’ouverture d’esprit envers le Canada qu’offrait ce programme pourrait avoir de fait des retombées négatives à moyen terme sur le taux de demandes d’admission venant d’étudiants internationaux.

Source : MARTIN, Paul. « Coup dur pour l’image du Canada à l’étranger », Affaires universitaires, 27 juin 2012.

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