Un motivomètre, pour mesurer son degré de motivation aux études

Deux psychologues de l’Université Laval, Louise Careau et Anne-Louise Fournier, ont publié un guide permettant de faire le point sur ce qui motive ou non les étudiants dans leur processus d’apprentissage et ce qu’ils peuvent faire pour stimuler cette motivation.

On réfléchit beaucoup sur cette donnée très importante qu’est la motivation et cela prend d’autant plus d’importance dans les années actuelles, alors que les modes d’apprentissage se diversifient. Ainsi, à l’enseignement traditionnel en classe s’ajoute l’enseignement à distance avec  les contenus et activités mis à disposition en ligne ou sur des supports multimédia. Pour aider la réussite de l’apprentissage, on voit que les dispositions personnelles, la responsabilité, l’autonomie de l’étudiant interagissent également avec la qualité de l’accompagnement dans le processus de formation.

On définit « [l]a motivation est un état dynamique qui a ses origines dans les perceptions qu’une personne a d’elle-même et de son environnement et qui l’incite à choisir une activité, à s’y engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but. Elle est régie par des facteurs extrinsèques liés à la performance (considération des autres, récompenses) et des facteurs intrinsèques liés à l’apprentissage (curiosité, plaisir d’apprendre), ces deux types de facteurs étant complémentaires et s’influençant réciproquement. »

Chez une étudiante ou un étudiant, trois types de perception influenceraient la motivation :

  • « la perception de la valeur de l’activité (ex : cours, lectures, exercices) son utilité,
  • « la perception de sa compétence à l’accomplir,
  • « la perception du contrôle qu’il possède sur son déroulement et ses conséquences. Par exemple on ressent différemment son contrôle si on attribue une réussite ou un échec à la chance ou à la complaisance d’un correcteur ou à des facteurs modifiables tels que l’effort, les stratégies d’étude. »

Les indicateurs de la motivation seraient :

  • « le choix (selon que l’on s’engage d’emblée dans une activité ou que l’on attende d’y être obligé),
  • « la persévérance (efforts soutenus et de qualité),
  • « l’engagement cognitif (adoption et régulation de stratégies d’apprentissage),
  • « la performance (à la fois conséquence et source de motivation). »

Les facteurs aidant à maintenir la motivation :

  • « identifier ses objectifs sur le court et long terme,
  • « se donner droit à l’erreur,
  • « relativiser, car la motivation n’est pas instantanée mais se développe souvent après l’action,
  • « se doter de stratégies comme la réduction des travaux en petites tâches ou se donner des auto-instructions positives et efficaces. » 

Il est important de réaliser qu’être autonome veut dire aussi être capable d’en référer à des pairs en cas de besoin et non pas seulement se débrouiller seul.

La motivation demande véritablement un travail constant sur soi et ne se maintient pas au beau fixe une fois atteinte. C’est pourquoi les auteures du guide ont inséré à la fin un motivomètre (questionnaire pour évaluer son degré de motivation), avec par la suite, des conseils fournis pour aider à réguler sa motivation.

Source : EL KHIR MISSAOUI, Omar. « La motivation, une affaire institutionnelle et personnelle », publié dans Thot Cursus, du 7 juin 2011.

Guide sur la motivation : La motivation. Centre d’orientation et de consultation psychologique, Université Laval, 2002.

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