L’enseignement au premier cycle sous la loupe lors du dernier congrès de l’AUCC

Lors de l’atelier Transformer l’enseignement au premier cycle dans les universités canadiennes, organisé par l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) à Halifax au début du mois de mars 2011, Robert Campbell, recteur de l’Université Mount Allison, n’a pas mâché ses mots au sujet de l’enseignement au premier cycle au Canada. Il a en effet déclaré :

« Nous savons tous que l’expérience universitaire au premier cycle s’est détériorée au fil du temps, particulièrement au cours des dernières décennies. Au plus profond de nos cœurs, nous savons que cette expérience peut et doit être sensiblement améliorée ».

Il a insisté sur les nombreuses pressions et politiques publiques « ayant forcé les universités à concentrer leurs activités sur les résultats de la recherche de pointe et les cycles supérieurs, tout en soulignant qu’elles ont failli à la mission même de l’université, soit offrir un enseignement au premier cycle efficace et de qualité ». Cet atelier regroupait 65 participants, dont 13 recteurs, 25 vice-recteurs à l’enseignement et hauts dirigeants, ainsi que 15 étudiants.

Cette déclaration a visiblement trouvé écho parmi les personnes présentes. Patrick Deane, recteur de l’Université McMaster, a salué l’initiative de l’AUCC visant à examiner le parcours universitaire au premier cycle, mais en contrepartie, il a lancé une mise en garde à l’auditoire de ne pas mettre de côté par la suite le fruit de leurs discussions. Il a également demandé aux participants de ne pas hésiter à débattre de tous les éléments. C’est ainsi que « lors des discussions en table ronde et des exposés qui se sont déroulés sur deux jours, de nombreux participants ont attribué cet état de fait à l’importance excessive accordée à la recherche. D’autres l’ont plutôt attribué à une série de facteurs, comme la charge de travail des professeurs, le système de reconnaissance, le recours accru aux chargés de cours, l’augmentation des effectifs, ainsi que le problème du financement et des recettes qui n’ont pas augmenté au même rythme que les coûts. Les participants ont également discuté des résultats attendus d’une formation au premier cycle, de la façon d’évaluer ces résultats et des obstacles au changement. »

Il est certain que la situation devient intenable, d’où l’importance de stimuler l’innovation en matière d’enseignement et de conception des cours. On a également mis en lumière le blocage par les étudiants même qui ne veulent prendre aucun risque d’affecter leurs résultats dans la course aux notes, d’une part, et le manque de temps chronique du personnel enseignant, d’autre part.

« Le président-directeur général de l’AUCC, Paul Davidson, a invité les participants à envisager comment le changement peut se réaliser « dans le cadre du rôle de chacun, au sein de chaque établissement ». Il a souligné que l’AUCC a formé un comité de 10 recteurs pour élaborer, en consultation avec tous les membres, un nouveau message pour l’AUCC pour la prochaine décennie et que les résultats de l’atelier serviront à orienter ce nouveau message. Par ailleurs, le Comité consultatif permanent des questions d’éducation et du financement de l’AUCC traite de ces enjeux. »

Le consensus était certes présent pour indiquer que le statu quo n’est plus une option si les universités canadiennes ne veulent pas être déclassées dans leur mission même « d’éduquer la prochaine génération d’étudiants et les préparer le mieux possible à relever les défis auxquels fait face le pays ».

Source : CHARBONNEAU, Léo. « Les universités ont manqué à leur mission en matière d’enseignement au premier cycle », Affaires universitaires, 13 juin 2011.

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