Pédagogique

Le problème avec l’évaluation de la créativité

Le professeur Alex Carter est responsable de l’enseignement et directeur académique de la philosophie et des études interdisciplinaires à l’Institute of Continuing Education de l’Université Cambridge, au Royaume-Uni.  Il signe dans le University World News un texte intéressant parce qu’il y compare l’enseignement/apprentissage de la créativité à l’enseignement/apprentissage de l’éthique. Cela permet une réflexion plus générale sur l’enseignement et surtout l’évaluation des compétences transversales.  Il est difficile d’établir si l’apprentissage s’est fait.

As a philosophy teacher, I am familiar with the idea that some learning cannot be taught directly. Ethics is a good example of this. No philosopher could (or should) claim to be able to “make you a more ethical person”. Moreover, no curriculum on ethics can (or ought to) include the learning outcome “students will become more moral”.

When it comes to developing students’ creativity the story is much the same. No creativity theorist could (or should) claim to be able to “make you a more creative person”. Likewise, no curriculum can (or ought to) include the learning outcome “students will become more creative”.

Selon lui, l’apprentissage de la créativité ne peut s’effectuer que si les étudiantes et étudiants ont la permission de se tromper…  Ensuring that students could submit essays formatively for feedback before they submitted them summatively at the end of the year granted the students (to some extent) ‘permission to fail’; allowing them to ‘try their hand’ at unfamiliar disciplines or topics.

Comme d’autres avant lui, en préparant son cours le professeur Carter rencontre le problème de l’évaluation de la créativité.  « …[T]he main problem here is that the teachers’ surprise, rather than the students’ creativity, is what is being assessed. »

Il en arrive à isoler deux voies vers l’évaluation de la créativité:

  1. une compréhension procédurale de la créativité (comme une liste d’étapes à cocher si les étudiants les accomplies toutes)…
  2. un cadre d’évaluation de la créativité fait de rubriques qui permettent d’identifier le “niveau de créativité” atteint par l’étudiant

Comme aucune des voies précédentes ne lui convient, il choisit plutôt une troisième voie qui est de « repenser la relation étudiant-enseignant comme une relation de co-création ».  Le mode d’évaluation doit donc être choisi de concert par l’enseignant et l’étudiant, ainsi que les aspects de son travail qui doivent être évalués…

…[T]he solution to the problem of assessment means recognising that – at both ends of the creative process – the teacher does not ‘have the answers’. The learning and the assessment ought to belong to the student and the teacher in concert.

À lire!

Source: Carter, Alex, “You can’t teach creativity, but can you learn it?”, University World News7 décembre 2019

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À propos de l'auteur

Jean-Sébastien Dubé

Jean-Sébastien Dubé

Jean-Sébastien Dubé est coordonnateur de la veille et de la gestion des connaissances au SSF. C'est également le rédacteur en chef de L'éveilleur. De par ses fonctions, il se doit d'être touche-à-tout, mais il s'intéresse particulièrement à l’identification et au développement de compétences transversales (numériques et humaines), aux caractéristiques des nouvelles clientèles étudiantes, aux nouveaux espaces d'apprentissage, aux nouvelles formes de certification, ainsi qu'à l’intégration de récits à la formation.

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