Portables en classe: un coup de sonde interne

À la suite d’une petite tournée d’entrevues informelles et non-scientifiques au sein de mon réseau de contacts dans les facultés (des enseignants, mais aussi des administrateurs facultaires), j’ai pu glâner les renseignements suivants quant la façon dont l’utilisation par les étudiants des portables en salles de classe était reçue par le personnel enseignant:

  • Dans certaines facultés, on estime que pratiquement 50 % de l’effectif étudiant dispose d’ordinateurs portables.
  • Aucune faculté ne semble avoir de règlement sur cette question.  À la FLSH, la question a été évoquée au Conseil de faculté et en Assemblée facultaire.  On a mandaté Robert Edwards pour qu’il se renseigne sur ce qui se fait ailleurs.  Daniel Gladu, conseiller pédagogique à la FMSS enquête également sur la question.  À la FEPS, la Direction s’est penché sur la question. Parfois, la question a été amené en assemblée départementale, mais on n’a pas statué, faute de consensus.
  • Le premier problème qui se pose est souvent d’ordre logistique: Les locaux de classe manque de prises de courants pour alimenter ou recharger les portables et certaines associations étudiantes font des pressions pour que soit modernisé le réseau électrique des classes.  C’est notamment le cas en Droit.  Pour d’autres, le problème ne se pose pas parce que les batteries gagneront en autonomie et baisseront de prix dans les années à venir.  Pour au moins une personne-contact, le petit nombre de prises électriques limite le problème.
  • Pour plusieurs personnes interrogées, la présence des ordinateurs portables ne pose pas de problème, c’est l’accès à Internet qui doit être contrôlé ou carrément limité, notamment parce qu’il est source de distraction.  On cherche parfois des moyens technologiques de résoudre le problème (brouillage d’ondes, restriction d’accès à certains sites (dont Facebook)).
  • Certains enseignants sont inconfortables devant le spectacle d’écrans qui dissimulent le visage des étudiants.  À la FLSH, la coutume est d’inviter les étudiants qui veulent utiliser leurs portables en classe à s’asseoir à l’arrière de la classe.
  • Une situation apparemment fréquente est évoquée par plusieurs intervenants, c’est le cas d’étudiants qui consultent en classe des documents (textes, vidéos) sans lien avec le cours et qui se mettent à rire aux éclats (parfois en groupe), dérangeant la leçon donnée par l’enseignant.  Dans au moins un Département, on a convenu que chaque étudiant gérait son portable de manière individuelle, pour éviter les attroupements autour d’un appareil.
  • De rares exceptions font état de problèmes plus graves qualifiés d’« histoires d’horreur » par les personnes interrogées: étudiants qui filment un chargé de cours à son insu, effectue un montage de ces séquences et les dépose sur le Web, étudiant qui subtilise la clé USB d’un enseignant et en télécharge le contenu sur son portable, etc.  Ce sont souvent ces cas qui amènent le personnel enseignant à vouloir baliser l’utilisation des appareils.
  • Néanmoins, les enseignants qui souhaitent que les portables soient interdits semblent demeurer très minoritaires (moins de 10 % selon une source).  Un nombre plus important souhaite que cet usage soit balisé.
  • On rapporte peu d’instances où les portables des étudiants sont intégrés à la pédagogie et aux activités d’enseignement.  Une personne mentionne que des collègues invitent leurs étudiants à confirmer des informations à l’aide de leur portable ou à envoyer des documents trouvés sur Internet à l’ensemble de la classe. 
  • Quant à l’évaluation, soit les portables sont interdits, soit c’est le clavardage qui est surveillé.  Un étudiant surpris à clavarder pendant un examen recevrait automatiquement une note d’échec.

(Sources: Patrik Doucet, Faculté de génie; Brigitte Séguin, FEPS; Christine Hudon, FLSH; Angèle Carrière, Faculté de droit; Michel Berthiaume, Département de SIMQG, Faculté d’aministration; enseignant ayant demandé l’anonymat.  Propos recueillis du 24 au 27 novembre 2009).

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