Inverser son enseignement pour rendre les étudiants autonomes dans leurs apprentissages?

Dans un numéro de Profweb, Johanne Morin explique de belle façon son expérience de renversement de certains de ses cours d’anglais au collégial.

«L’essentiel de mon travail n’est pas de donner de la matière, mais plutôt, de guider les étudiants à travers la matière selon leurs besoins. Les cours magistraux peuvent être gratifiants. Ceci dit, selon moi les étudiants apprennent mieux lorsqu’ils se sentent impliqués dans le processus d’apprentissage. En classe, il y a beaucoup d’interaction pendant les activités des étudiants. Je me sens toujours comme l’expert sur la matière, même si les projecteurs ne sont pas toujours sur moi!»

Bien que pour madame Morin  la pédagogie inversée soit une approche pleine de sens, elle n’a pas à être utilisée comme une panacée.

En fait, suite à un sondage auprès de ses étudiants ayant vécu l’expérience, madame Morin a constaté que certains n’avaient pas appréciée l’inversion et a pu identifier que les étudiants qui réagissent moins bien à la pédagogie inversée sont ceux qui travaillent le moins à l’extérieur de la classe ou qui lui semblent moins autonomes au niveau de leur apprentissage. Il est préférable selon elle d’utiliser la pédagogie inversée avec des groupes de deuxième ou troisième année.

Les quelques commentaires suscités par l’article, dont celui d’un certain Jacques Lecavalier, sont également d’intérêt.  Ce dernier, contrairement à madame Morin, croit qu’utiliser la pédagogie inversée avec des étudiants novices stimulerait justement cette autonomie si importante à leur apprentissage.

Même son de cloche du côté de la table ronde offerte hier dans le cadre du Mois de la pédagogie universitaire, où professeurs et étudiants partageaient leurs vécus respectifs d’expériences de pédagogie inversée dans leurs classes: La majorité s’entendent pour dire combien une telle démarche est enrichissante. Les professeurs s’y sentent généralement plus utiles et les étudiants en ressortent avec une meilleure maîtrise des concepts ou notions à voir.

Source: Morin, Johanne, «La classe inversée pourrait être pour vous», Profweb, 7 avril 2014.

Coursera organisera des "classes inversées" dans des bibliothèques de New York
Diplômés mal formés et pas beaucoup mieux payés : le scénario américain se répète-t-il au Canada?

Exprimez-vous !

*