La formation professionnelle : prometteuse mais boudée

Le Québec connaîtra une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers traditionnels au cours des prochaines années. Alors que des centaines de milliers d’emplois seront à pourvoir dans le secteur professionnel, les jeunes sont très nombreux à tourner le dos à la formation professionnelle, véritable parent pauvre du système scolaire public québécois.

 

C’est ce qu’observe Luc Ferland, ancien enseignant et président du syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île, à Montréal. Pourtant, le taux de placement chez les personnes diplômées est actuellement très élevé, pour des formations d’une durée variant de sept mois à deux ans. Pour expliquer le désintéressement des jeunes vis-à-vis de la formation professionnelle, M. Ferland indique : 

C’est une voie [la formation professionnelle] qui est moins empruntée qu’elle devrait l’être, parce qu’on retrouve toujours dans les mœurs québécoises un peu de la mentalité voulant qu’on veut faire de nos enfants des universitaires à tout prix. Pourtant, il y a des élèves qui sortent avec un DEP et qui gagnent facilement le double du salaire de certains universitaires. […]

Ce sont les suites du rapport Parent, dans la foulée duquel on a mis en place les cégeps et les fameuses techniques. On s’attendait à développer une main-d’œuvre qui se serait beaucoup plus qualifiée dans ces techniques, mais l’histoire nous dit qu’il y a à peine 20 % des diplômés du collégial qui vont du côté de ces techniques; les autres se dirigent vers les universités.

Former au secteur professionnel 

Du côté de la formation, un enseignant du professionnel doit bien connaître le métier qu’il enseigne, pour transmettre aux élèves les connaissances relatives appropriées. Près de 80 % du corps professoral du secteur professionnel détient également un baccalauréat en enseignement professionnel, d’une durée de quatre ans. «L’enseignant non diplômé reçoit présentement environ 25 000 $ de moins par année», ajoute M. Ferland, ce qui favorise la poursuite d’études universitaires.

Ce dernier déplore par ailleurs que les enseignants de la formation professionnelle ne disposent pas toujours d’outils adéquats pour mener à bien leur tâche d’enseignement. L’ajout d’équipements à la fine pointe des technologies dans les classes pourrait contribuer à redorer le blason de la formation professionnelle, lui permettant ainsi d’être en avance sur l’industrie et de former du personnel professionnel des plus compétents.
 

Source :  Harvey, R. « Secteur professionnel, le mal-aimé du système scolaire public », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/2009/10/03/269918.html  

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