Rapport du Réseau Éducation-médias sur la littératie numérique au Canada

« En réponse à la consultation sur l’économie numérique lancée en mai 2010 par le ministre de l’Industrie du Canada, le Réseau Éducation‐Médias a rendu public le 7 juillet dernier, un mémoire d’une cinquantaine de pages, intitulé :  Littératie numérique au Canada : de l’inclusion à la transformation ». Philippe Cazeneuve en fait le résumé sur son blogue.

Ce rapport vise à faire le point essentiellement sur la question de « l’acquisition des compétences numériques de demain » en rappelant les principaux obstacles connus et les disparités constatées dans la maîtrise des médias numériques (à partir de données d’études internationales). En conclusion, il propose une stratégie d’action au niveau national. »

Tout d’abord, on définit la littératie numérique comme étant :

  • « les aptitudes et les connaissances voulues pour avoir accès aux nouvelles technologies et utiliser une série de logiciels de médias numériques ainsi que des périphériques comme l’ordinateur, le téléphone portable et la technologie Internet ;
  • « la capacité de comprendre les applications et les contenus numériques ;
  • « les connaissances et les aptitudes requises pour pouvoir créer à l’aide de la technologie numérique. »

En se basant sur la différence faite entre « natifs numériques » et les « immigrants numériques » (selon la formule de Marc Prensky), le Réseau Éducation‐Médias craint qu’on surestime les compétences numériques des 16-24 ans. Pour aider à contrer le fossé informatique entre les générations, plutôt que d’adopter cette dichotomie « natifs » et « immigrants », « The Report of the Digital Britain Media Literacy Working Group (mars 2009), le groupe de travail sur la littératie numérique en Grande‐Bretagne, a élaboré des stratégies visant à rehausser le niveau de littératie numérique en se basant sur une gamme d’archétypes comportementaux : l’engagé, l’économe, le pragmatique, l’hésitant et le résistant. » À une extrémité, l’engagé se reconnaît comme un grand utilisateur, mais pas toujours conscient de tous les impacts, alors qu’à l’autre bout, le résistant est celui qui voit plus de risques et de problèmes à l’utilisation d’Internet que d’avantages.

Attitudes face aux Médias Numériques

Le document met également en lumière la dimension socio-économique dans les disparités d’usages et de compétences numériques. Il rappelle notamment que « construire des réseaux sans fil et à large bande ne suffit pas à assurer le développement de l’économie numérique et qu’il est urgent de consacrer des moyens équivalents aux programmes de formation aux compétences numériques ». À ce propos, des pays comme les Etats-Unis (National Broadband Plan: Connecting America), l’Australie (Future Directions), la Nouvelle-Zélande (Digital Strategy 2.0) et le Royaume‐Uni (Digital Britain) ont déjà entrepris des démarches en ce sens.

En guise de recommandations, Réseau Education-Médias pour le Canada propose de s’appuyer conjointement sur quatre secteurs influents afin de concrétiser sa stratégie de mise en oeuvre de la littératie numérique :

  • « l’éducation,
  • « la formation professionnelle,
  • « l’action gouvernementale,
  • « les programmes communautaires et les actions de sensibilisation du grand public. »

Il semble très important qu’il y ait une action concertée et une approche globale d’éducation tout au long de la vie.

Philippe Cazeneuve termine son billet en soulignant particulièrement la dernière proposition, bien adaptée à la situation française et qui pourrait se développer au niveau international, soit « Créer un réseau pour le transfert du savoir en médias numériques ». Ce réseau serait « destiné aux éducateurs et aux entreprises, afin de partager des informations en matière d’éducation aux médias numériques et de formation en milieu de travail. Il s’agirait d’un site Web conçu pour les éducateurs, les gestionnaires, les formateurs, les conseillers d’orientation et les concepteurs de ressources pédagogiques en ligne; mais ce serait également un lieu régulier de rencontres publiques voué aux remue‐méninges et au partage des connaissances. Au sein de ce réseau pour le transfert du savoir, les projets éducatifs ne seraient pas propriétaires, mais adopteraient plutôt le modèle libre, où les idées, les programmes et les projets seraient redonnés à la communauté. »

Source : CAZENEUVE, Philippe. « Littératie numérique au Canada », dans Savoir en actes (blogue), sans date, article consulté le 14 décembre 2010.

NDLR : Le blogue de Philippe Cazeneuve représente, selon moi, une bonne source d’information complémentaire en matière des TIC. Il est possible de s’y abonner.

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