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Vers une internationalisation responsable de la recherche

La collaboration internationale en recherche universitaire se fait de plus en plus importante et la mobilité des étudiants et des chercheurs augmente sans cesse. « Le paysage de la recherche est beaucoup plus complexe qu’il ne l’était il y a une décennie ou même moins. », mentionne à cet effet Tommy Shih, conseiller politique à la Swedish Foundation for International Cooperation in Research and Higher Education (STINT) et professeur à l’Université de Lund, en Suède.

Si l’internationalisation permet de mener des projets de recherche de très haute qualité, cela entraîne toutefois certaines inquiétudes, notamment en ce qui a trait à la propriété intellectuelle, à la sécurité et au respect des normes éthiques. « [N]ous vivons également dans un monde où la politique, le commerce et la sécurité sont entrés de manière plus directe dans le domaine de la recherche universitaire. Les tensions géopolitiques actuelles et les voix pour l’unilatéralisme ont exacerbé cette évolution. », précise Tommy Shih. Les risques de l’internationalisation sont donc de plus en plus grands, et il devient nécessaire pour les chercheurs de les considérer dans leurs projets de recherche, sans toutefois tomber dans une prudence excessive qui limiterait les opportunités de collaboration.

Devant le débat concernant les valeurs, les stratégies et les considérations éthiques liées à la coopération internationale qui sévit dans les universités suédoises, la STINT, en collaboration avec le KTH Royal Institute of Technology, le Karolinska Institute et l’Université de Lund, a récemment produit un document (16 p.) portant sur l’internationalisation responsable, dont les lignes directrices seront abordées lors d’un séminaire qui aura lieu à Stockholm le 23 mars 2020.

Mais qu’entend-t-on par internationalisation responsable ? Selon Tommy Shih, l’idée derrière le concept est que « les administrations universitaires et les chercheurs puissent mener librement les projets de recherche qu’ils trouvent intéressants et significatifs avec les partenaires qu’ils trouvent appropriés, le tout de manière responsable », c’est-à-dire dans le respect des règles et des normes établies dans chacun des pays concernés

Le document produit par la STINT et ses trois universités partenaires servira à guider la réflexion et l’analyse des projets de collaboration internationale afin de responsabiliser les chercheurs et d’outiller les universités pour qu’elles soient en mesure de soutenir l’internationalisation de la recherche. Les auteurs y soulèvent certains enjeux sur lesquels les chercheurs devraient se questionner avant d’entamer un projet de recherche avec des partenaires étrangers, comme les contextes juridique, culturel, social et politique, ainsi que l’autonomie institutionnelle. Le document n’a donc aucune valeur prescriptive. Il vise plutôt à susciter une réflexion et un dialogue sur les défis, les risques et les impacts de de l’internationalisation, dans le but surtout d’aider les parties concernées à prendre de meilleures décisions concernant leurs projets de recherche internationaux.

Source : Myklebust, J. P. (22 février 2020). Guidelines for responsible internationalization set out. University Word News.

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À propos de l'auteur

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Annabelle Jomphe

Annabelle est étudiante en communication appliquée, incluant un cheminement coopératif en marketing, à l'Université de Sherbrooke et stagiaire à USherbrooke International.

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