L’écoanxiété, s’en rétablir par l’éducation?

Alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) raffine ses modèles, les scénarios climatiques du pire « s’empirent » comme le rapporte Radio-Canada. Rien pour atténuer l’écoanxiété.

Le concept d’écoanxiété, aussi connu sous le terme « solastalgie » tirerait son origine des observations faites par le philosophe Glenn Albrecht auprès des habitants d’une région de l’Australie transformée par l’arrivée de l’industrie minière. « G. Albrecht forge alors le concept de solastalgie à partir des mots solace (« réconfort » en anglais), désolation et nostalgie. Le terme rend compte de l’anxiété et de la peine de ces habitants privés du réconfort que procure le fait de se sentir chez soi ; pour rendre compte, aussi, de leur sentiment d’impuissance face à la dégradation de leur environnement. » (Poissonnier, 2019).

Selon Jalila Jbilou, professeure agrégée à l’École de psychologie de l’Université de Moncton, bien que le phénomène touche surtout les jeunes, les adultes peuvent également en être touchés, jusqu’à ce que ça devienne pathologique.

Il y a une vingtaine ou une trentaine d’années, c’était plus des gens qu’on identifiait comme des hyper engagés, des hyper orthodoxes de l’écologie et de l’environnement, et là on se rend compte en fait que, dans cette masse de “revendicateurs politiques”, il y a des gens qui sont vraiment anxieux et préoccupés et à la limite terrorisés par ce qui va arriver.

[…]

La responsabilité collective des médias, des parents, des institutions est d’outiller les jeunes pour que ce mouvement de revendications et d’actions politiques et sociales ne devienne pas une zone d’angoisse et de stress. »

L’important, ajoute-t-elle, est de reconnaître qu’il y a dans la vie des choses sur lesquelles on peut agir seuls, des choses sur lesquelles on peut agir collectivement et des choses face auxquelles nous sommes impuissants, « et c’est l’acceptation de ces trois aspects qui fait qu’on arrive à avoir une vie équilibrée ». (Legault, 2019)

Le rôle de l’éducation

Selon la Pre Jbilou, l’éducation, parce qu’elle permet de « transformer sa source d’anxiété en une force régénératrice » et parce qu’elle permet à la personne d’agir à partir des pensées négatives plutôt que de les subir, est très importante pour lutter contre ce phénomène.

« …La responsabilité collective des médias, des parents, des institutions est d’outiller les jeunes pour que ce mouvement de revendications et d’actions politiques et sociales ne devienne pas une zone d’angoisse et de stress. […]  « OK, tu penses que ça ne va pas, mais tu peux y contribuer pour améliorer”. On peut s’engager par rapport à l’écologie à tous les niveaux. […] [L’étudiant] devient maître de la pensée négative et il commence à agir dessus et il peut même éduquer d’autres personnes, donc ça transforme son inquiétude en valorisation d’action. »

Sources:

Legault, J.-B. Les changements climatiques, source d’ « écoanxiété ». La Presse. 7 septembre 2019

Poissonnier, G. La solastalgie. Sciences Humaines. Juin 2019.

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