La direction de recherche au doctorat : une relation professionnelle à négocier et à renégocier

La dépêche dont il est question ici date déjà de presque 12 mois.  Pourtant le sujet de la relation entre un doctorant et son directeur de recherche reste d’une telle importance qu’il est toujours bon d’en rappeler les composantes essentielles.  L’auteure, Pascaline Gobet, rapporte les propos de la chercheuse Monique de Saint Martin, qui a une longue expérience en direction de recherche, notamment dans le champ de la sociologie.

Sur le contexte actuel de la thèse –

Le poids de plus en plus fort des logiques gestionnaires a des conséquences comme l’imposition de faire sa thèse en un temps plus court que par le passé ; une réduction des allocations de recherche, des bourses de recherche, etc. ; une concurrence de plus en plus forte pour les postes et la reconnaissance par ses pairs ; un renforcement de la soumission à l’institution (évaluations, rapports, …). L’ancienne relation maître/disciple n’est plus limitée à elle-même et s’inscrit désormais dans un système plus large de relations comme l’internationalité ouverte par la cotutelle, les échanges et l’approche des expériences de l’autre permis par la multiplication des séminaires ou encore, le développement des comités de suivi de thèse composés de trois ou quatre personnes.

Sur la relation elle-même – la signature d’une entente, la Chartre de thèse, ne résout pas tout.

Les relations d’échanges sont les plus visibles et les plus saisissables par leur contenu : informations, données, expériences, découvertes, questionnements, savoirs, conseils, propositions, inquiétudes et émotionsSur la base de l’accord conclu, droits et devoirs respectifs supposent une légitimité partagée. Reste la distance marquée par la différence de statut, comme par la différence culturelle. Une absence d’échange ou un déséquilibre dans la communication [5] peuvent la renforcer. Aussi, l’énonciation des contraintes, des règles et des attentes de chacun permet l’émancipation et l’affirmation du doctorant. La composition du jury fait aussi partie des négociations à mener. Par ailleurs, [c]omme le précise Sébastien Kapp, docteur en sociologie, si 95% du temps utile du doctorant est consacré à sa thèse, celle-ci ne représente que 5% de celui du directeur. Ce rapport peut donner à l’étudiant le sentiment de ne pas être encadré, guidé ou soutenu.  Si la soutenance cristallise toutes les tensions (scientifiques, publicité), elle ne doit pas remettre en cause tout le travail effectué, comme lorsque parfois certains membres de jury tentent de repenser entièrement la construction de la thèse. 

Sur le changement de direction de recherche –  Changer de directeur est donc à envisager uniquement lorsque la soutenance est mise en péril car c’est une réelle prise de risque.

Sur la cotutelle de thèse –  Si la cotutelle ou la codirection sont souvent d’une grande richesse, elles favorisent parfois des situations difficiles à gérer pour l’étudiant, spécifiquement si les directeurs expriment des attentes différentes. Des relations potentiellement conflictuelles peuvent alors apparaître.

L’article comprend un podcast et des liens vers d’autres lectures sur le sujet, un sujet toujours d’actualité.

Source: Gobet, Pascaline.  Que faire des conseils (ou l’absence de conseils) de son directeur de thèse?  Les aspects concrets de la thèse (blogue).  22 avril 2013.


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