Unileaks : un chien de garde pour que l’éducation demeure honnête (Keeping Education Honest)

Unileaks a été lancé cette semaine (21 mars 2011) en Australie.  Il se décrit comme un centre de nouvelles et, dans une lettre adressée le 13 février aux chanceliers des universités australiennes, il explique sa création comme suit :

Our primary reason for establishing Unileaks is to shed greater light on the neoliberal restructuring of the higher education sector. Among other things this restructuring has resulted, in the course of the last few decades, in the reduction in the status of students to mere customers or clients of the University, the abolition of non-profitable courses and a steady increase in casualisation among employees.

En Australie et en Angleterre, mais également dans d’autres pays, de récentes positions gouvernementales ont poussé les universités à mettre en place des mesures d’austérité décriées par les étudiants, le corps enseignants et même certains administrateurs.  La grogne gronde et se cherche des portes de sortie. Dans un tel climat, faut-il s’étonner qu’un site comme Unileaks voie le jour ?  Unikeaks entend donner une voix aux personnes qui désirent informer le public de ce qui se passe réellement dans les universités et ce, afin de mettre au jour non seulement les véritables enjeux de certaines décisions ou orientations prises par les administrateurs universitaires mais également les pressions que ces derniers subissent.  

Au Québec, le gouvernement, désireux de contrôler un endettement exponentiel des universités exige qu’elles lui fournissent des plans de performance et leur a imposé récemment la Loi 100.  En même temps, les universités crient depuis longtemps au sous-financement de l’éducation, qui les pousse à des décisions difficiles à justifier au plan de leur mission première.  Ainsi, tout dépendant du point de vue avec lequel on regarde la situation, on accuse ou on accule les universités à une gestion de type entreprise plutôt qu’une gestion de service.  On parle de néolibéralisme, de clientélisme, consumérisme, de nouvelles normes comptables… 

Le site Unileaks en est à ses premiers balbutiements.  Pour le moment, on a ciblé les universités australiennes et britanniques.  Mais sur le site, on a prévu intégrer les universités néo-zélandaises, américaines, européennes et celles du Moyen-Orient. 

Pour lire divers points de vue sur cette nouvelle : (la liste n’est pas exhaustive) :

Par ailleurs, il existe d’autres sites où on peut répandre des nouvelles ou des rumeurs, (la différence n’est pas toujours nette), dont le CollegeACB. (nom formé des initials de Anonymous Confession Board).  L’article du Chronicle of Higer Education: To Ban or Not? Gossip Web Sites Still Pose Troubling Questions for Colleges. Paige Chapman.  27 septembre 2010, est très instructif, tout comme celui de Inside Higher Education A New Gossip Guru, publié le 25 février 2011.

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