Études supérieures Tendances sociétales

Les « altmetrics » pour mesurer le retentissement sociétal de la recherche scientifique

On mesure la valeur d’une chercheuse ou d’un chercheur à l’aune des impacts de ses publications.  Il existe plusieurs outils de mesure de ces impacts, dont le plus connu d’entre eux a été développé en 2005 par Jorge Hirsch : le h-index, ou indice h, mesure à la fois le volume de publications et le nombre de citations par publication.  Le hic avec ce type d’indices, c’est qu’ils fonctionnent dans le cercle fermé de l’univers de l’édition savante, un univers fortement ébranlé ces dernières décennies par les possibilités d’édition ouverte qu’offre le numérique.

L’article de Zerbib et Mamawi nous apprend qu’il existe des “altmetrics“, des outils opérationnels (Almetric, ImpactStory, etc.) permettant […] de suivre l’impact d’une publication sur les médias sociaux (Twitter, LinkedIn…), les médias en ligne (The Conversation…), les blogs scientifiques (scilogs,…), les bases bibliographiques (Google Scholar, Crossref…), les gestionnaires de références en ligne (Mendeley, Zotero…), etc.  On compte le nombre de vues, de téléchargements, de commentaires, de partages, de mentions, de « likes », de tags, ce qui permet de mesurer le retentissement de la diffusion de travaux de recherche dans les réseaux sociaux.  Si le recours à ces « altmetrics » ne garantit pas la qualité et la rigueur des travaux, normalement évaluées par des pairs, il est clair qu’il n’est plus possible d’ignorer la nécessite de tenir compte de l’impact sociétal de la recherche scientifique.  À preuve, même Nature, Springer, Wiley, Taylor & Francis, etc., ont intégré ces nouveaux indicateurs au sein de leurs revues scientifiques au travers de tableaux de bord plus étoffés.  

La population est aujourd’hui plus éduquée, plus critique, plus curieuse et elle cherche non seulement à comprendre le monde dans lequel elle évolue mais également comment y contribuer de manière éclairée.

Source

Zerbib, R. et Mamawi, O.  Recherche : « publish or perish », vers la fin d’un dogme? The Conversation – Canada.  16 décembre 2019.

Pour aller au-delà des "soft skills" et de la logique des compétences transversales
L’éducation au numérique : un droit, un devoir, une responsabilité

À propos de l'auteur

Sonia Morin

Sonia Morin

Sonia Morin est linguiste de formation et se passionne, entre autres choses, pour les études supérieures, la pédagogie universitaire, l’intégrité et les littératies numériques. Elle aime explorer les angles morts et remettre en question les évidences. Elle est convaincue que le 21e siècle sera éthique ou ne sera pas.

1 commentaire

Laisser un commentaire