Publier ET périr, le nouvel adage?

Merci à Hervé Maisonneuve pour avoir fait une dépêche sur l’article « Perceived publication pressure in Amsterdam: Survey of all disciplinary fields and academic ranks » (Haven, Bouter, Smulders et Tijdink, 2019) publié dans Plos One le 19 juin dernier.  On y rappelle que la perception de la pression à publier est subjective et qu’elle émane de l’impression d’une obligation de publier, publier pour faire la démonstration de la quantité d’activité scientifique méritant une promotion, une subvention, un prix…  Différents niveaux de stress peuvent être ressentis, allant d’une pression « légère » perçue comme une incitation à produire de la recherche de qualité à une pression excessive qui conduit à une baisse de la qualité de la recherche, de l’enseignement, de la collaboration, du service à la collectivité et même à des inconduites en matière d’intégrité.

L’enquête menée par les auteurs de l’article a été réalisée à l’aide d’une version révisée du Publication Pressure Questionnaire (PPQr).

7465 chercheurs (professeurs, postdoctorants et professeurs adjoints, professeurs titulaires et associés) de 4 institutions universitaires d’Amsterdam (Vrije Universiteit, University of Amsterdam and the two University Medical Centers) ont été invités à répondre électroniquement aux 18 questions explorant trois domaines : stress, attitudes et ressources.  Les questions exigeaient des réponses sur une échelle de Likert en 5 points (totally agree = 5, totally disagree = 1).

1073 personnes ont rempli le questionnaire pour un taux de participation de 14%.

Maisonneuve reprend le graphique 2 qui présente les différences entre les rangs universitaires par rapport à la perception du stress, à l’attitude de la culture de la publications et aux ressources disponibles pour soutenir la publication :

Comme on peut le constater, les postdoctorants et les professeurs adjoints perçoivent beaucoup plus de stress à publier que les doctorants et les professeurs titulaires et associés. Par ailleurs, les professeurs titulaires ont une attitude moins négatives que les doctorants, les postdoctorants et les professeurs adjoints à l’égard de la culture de la publication. Enfin, les doctorants ont l’impression d’un manque de ressources beaucoup plus important que les autres chercheurs.

Comme le rapporte Maisonneuve, les auteurs ont commencé leur discussion avec cette phrase :

Overall, there is a negative attitude towards the publication climate. Hence the ‘publish or perish’ mantra from the late 20th century may turn into ‘publish and perish’, since even when a researcher publishes reasonably, chances for tenure in academia may still be low [20,34,35]. Below we elaborate on the differences of effect sizes that were medium or above or on those where we found interaction effects [33].”

Article à lire, contenu à méditer.

Source

Maisonneuve, Hervé.  Le climat de la publication n’est pas sain : bonnes données montrant que ‘Publier et Périr’ a remplacé ‘Publier ou Périr’Rédaction médicale et scientifique. 4 juillet 2019

 

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