Plus de motivation si davantage de cours…

Les études à temps partiel ne sont pas aussi motivantes et n’entraînent pas une aussi bonne performance universitaire que si les étudiants sont inscrits à au moins quatre, idéalement cinq cours par session. Voici le constat qu’énonce Craig Monk, professeur d’anglais et vice-doyen de la Faculté des arts et sciences à la University of Lethbridge, dans son article « Le coût élevé des études à temps partiel ».

Lui-même se rappelle avoir travaillé à temps partiel pour réussir à payer ses études à temps plein. Il déplore que maintenant, les étudiants travaillent à temps plein et étudient à temps partiel de façon à mieux subvenir à leurs besoins financiers et autres. Le constat qu’il fait est qu’en étudiant à temps partiel, soit trois cours et moins :

  • les jeunes adultes mettent beaucoup plus que les quatre ans habituels pour obtenir leur diplôme de premier cycle;
  • or, le nombre de professeurs et le nombre de groupes-classes formées sont fonction d’une certaine régularité dans les inscriptions aux cours;
  • de plus, dans certains domaines, le marché du travail attend un roulement de cohortes à une fréquence déterminée;
  • ces étudiants n’ont pas un rythme d’études assez soutenu pour y être véritablement engagés et maintenir une bonne motivation et de la persévérance;
  • cette baisse de motivation se traduit par des résultats plus faibles;
  • l’établissement d’enseignement supérieur qui les accueille est souvent obligé de contourner ses propres programmes, car l’étudiant a oublié que tel cours ne se donne qu’à telle session et ne souhaite pas attendre encore un an pour le faire; ceci entraîne parfois le remplacement d’un cours obligatoire par un autre de moindre importance, et par conséquent, une certaine dévaluation de la qualité de la formation.

Le problème réside en partie dans le fait qu’en étant inscrit à trois cours, l’université considère l’étudiant à temps partiel, mais les administrateurs de prêts alloués aux études les considèrent à temps plein… du moins en Alberta. Au Québec, les administrateurs d’aide financière indiquent que des études à temps partiel donnant droit à un prêt doivent contenir de six à 11 crédits.

« Il y a deux ans, le service de consultation de [la University of Lethbridge] a lancé un projet visant à aider les étudiants en difficulté à choisir leurs cours. Les participants devaient rencontrer à nouveau un conseiller pendant le semestre et assister à des ateliers. Quatre sur cinq ont réussi à améliorer leurs résultats tout en maintenant une pleine charge de cours. Par comparaison, seule la moitié environ de ceux qui ont réduit leur charge de cours sont parvenus à améliorer leurs moyennes. Bien entendu, les participants au projet étaient motivés et, pour diverses raisons, souhaitaient conserver une charge de cinq cours. Il est également légitime de penser qu’un tel encadrement permettrait à n’importe qui de s’améliorer. Il n’en demeure pas moins que la réussite des étudiants qui se sont concentrés sur leurs études vient remettre en question le principe généralement admis selon lequel il est préférable de « prendre son temps ». »

M. Monk plaide pour que soit reconnu « que le travail à temps partiel qui oblige les étudiants à réduire leur charge de cours nuit à tout le monde. Il faut également réorganiser les programmes d’études en prévoyant une série de cours interdépendants qui obligerait les étudiants à suivre les programmes en bloc. Les frais de scolarité pourraient également être revus de façon à offrir une mesure qui inciterait les étudiants à suivre cinq cours. »

Par ailleurs, il admet qu’en situation de compétition quant aux demandes d’admissions universitaires, la tentation est forte de viser « l’accommodement raisonnable » alors que les étudiants s’attendent à organiser leurs études « à la carte ». Certaines personnes déplorent déjà que « les universités ne sont pas branchées sur la réalité »… dans ce cas, appuieraient-t-elles « un plan visant à protéger les étudiants de la vraie vie? Et, même si on nous dit que les carrières dans le commerce de détail ne conviennent pas à des diplômés, les entreprises peuvent-elles les regarder partir sans qu’une nouvelle génération soit prête à prendre la relève? ».

Beaucoup d’interrogations demeurent, mais il est certain que les universités sont aussi soucieuses dans leurs statistiques du taux d’inscription que de celui de diplomation et de l’acuïté de leur formation en lien avec les besoins du marché du travail. Depuis un bon nombre d’années, plusieurs universités, dont l’Université de Sherbrooke avec Passeport Réussite, se sont donné un programme d’aide à la persévérance et ont embauché des membres du personnel attitrés à cet objectif.

Source : MONK, Craig. « Le coût élevé des études à temps partiel », publié dans Affaires universitaires, 5 décembre 2011.

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