L’internationalisation : 5 mythes à déboulonner

Aujourd’hui l’internationalisation fait partie de l’environnement universitaire.  Toutes les universités ont été appelées à se positionner face à cet enjeu.  Le plan stratégique de l’UdeS lui a fait une belle part en la plaçant comme orientation spécifique :

Orientation 1.3 – Faire de l’internationalisation un apport important à la mission de l’Université.

Les sociétés évoluent dans un environnement qui se globalise de plus en plus. Le savoir, la culture et l’économie se mondialisent et la distance entre les personnes s’amenuise au rythme des découvertes technologiques. Dans ce contexte, les membres de la communauté universitaire conviennent d’insuffler une dimension internationale et interculturelle à l’enseignement, à la recherche, à la création, aux relations avec la collectivité et dans les processus de gestion. Il importe de positionner l’Université de Sherbrooke sur l’échiquier international et de la faire reconnaître comme une université véritablement internationalisée. Sept objectifs concrétisent cette orientation.

Objectifs

1.3.1      Mieux préparer la communauté universitaire à la mondialisation et à la diversité culturelle

1.3.2      Accentuer l’importance et les retombées de la diversité culturelle au sein de l’Université

1.3.3      Se doter d’une stratégie concertée et efficace de recrutement et de diplomation d’étudiantes et d’étudiants internationaux

1.3.4      Augmenter la mobilité étudiante

1.3.5      Enrichir le caractère international de l’Université en mettant à profit les réseaux internationaux des membres de la communauté universitaire et en misant sur la renommée du corps professoral

1.3.6      Se doter d’une stratégie concertée et efficace de recrutement et de rétention du personnel issu de l’international

1.3.7      Cibler et coordonner les interventions de l’Université à l’international

 

Selon Jane Knight, professeure à l’Université de Toronto et spécialiste de l’internationalisation de l’enseignement supérieur, l’internationalisation est un concept qui s’est complexifié au fil des années et des expériences.  Chose certaine, l’internationalisation est devenue un incontournable, mais que signifie-t-elle?  Dans un premier temps, Knight s’attaque à 5 mythes qui circulent mais qui, dans les faits, ne constituent pas de l’internationalisation.

MYTHE 1 –   Les étudiants internationaux sont des agents d’internationalisation.

On a remarqué que les étudiants internationaux se sentent souvent marginalisés, socialement et académiquement, et qu’ils vivent des tensions liées à la diversité.  Il n’est pas rare de les voir se regrouper entre eux et vivre, ironiquement, une véritable expérience  interculturelle, à la différence des étudiants locaux, qui résistent à se joindre à des étudiants internationaux pour des projets académiques ou pour des activités sociales.

MYTHE 2 –   La réputation internationale (étudiants et professeurs internationaux, formation, recherche, ententes, réseautage) d’une université est garante de qualité.

Ce mythe ne résiste pas aux cas qui mettent en lumière des exigences d’admission et de diplomation à la baisse pour augmenter le recrutement d’étudiants internationaux.  À ce sujet, lire la dépêche sur le rapport australien sur la manière dont les universités traitent les étudiants internationaux.

MYTHE 3 –   Plus une université a signé d’ententes de collaboration internationales, plus elle est prestigieuse et attrayante aux yeux des autres universités et des étudiants.

La pratique démontre que les universités peuvent difficilement gérer ou bénéficier d’un nombre trop grand d’ententes, car pour rendre ces ententes fructueuses et significatives, il faut que les professeurs, les départements et les services internationaux investissent du temps et de l’argent, ce qui est rarement le cas.  Dans les faits, il semble que le nombre idéal d’ententes « gérables » et, surtout, rentables varie entre 10 et 20.

MYTHE 4 –   Les accréditations internationales garantissent l’internationalisation de la formation.

Cette affirmation est simplement fausse du fait qu’une accréditation internationale n’évalue pas la dimension internationale d’une formation.

MYTHE 5 –   L’internationalisation permet d’améliorer l’image de marque d’une université.

Ici, il importe de distinguer les motifs derrière l’internationalisation : s’agit-il d’une simple entreprise de marketing ou d’une véritable internationalisation ?  Si cette dernière peut contribuer à une amélioration de l’image de marque d’une université, l’inverse (« branding » >  internationalisation incarnée) reste du vent, voire de la fausse représentation.

 

Sources :

Knight, Jane, « Five myths about internationalisation »,  International Focus, 23 février 2011.

Université de Sherbrooke. Plan stratégique 2010-2015.

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Commentaires

  1. Jean-Sébastien Dubé a écrit:

    Dans un sommaire de gestion en juin 2011, nous faisions référence à une conférence tenue à Vancouver où Mme Knight (avec des collègues allemand et néerlandais) se montrait très critique de la façon dont les universités gèrent souvent l’internationalisation : http://www.insidehighered.com/news/2011/06/03/international_educators_debate_the_why_behind_their_profession
    Elle a le mérite de poser de très bonnes questions…

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