Diversifier sa clientèle avec un programme court de 2e cycle pour « donner un sens à sa vie »

Dans leur effort pour diversifier leurs clientèles, plusieurs universités visent des groupes de plus en plus ciblés.

Ainsi, la Téluq, l’UQTR et l’UQAR offrent conjointement un programme court de 2e cycle « Sens et projet de vie » destiné essentiellement à des personnes au mitan de la vie – autour de 50 ans. Les conditions d’admission exigent la détention d’un grade de premier cycle universitaire ou « une large expérience jugée pertinente».

Les documents promotionnels (site Téluq) sont évocateurs quant à ce que le programme propose à ses étudiants :

  • Préciser le sens que vous voulez donner à votre vie
  • Sortir de votre isolement
  • Faire évoluer vos idées en les partageant avec d’autres
  • Réfléchir sur vos projets d’avenir
  • Vous investir socialement

Le document de présentation de la Téluq, quant à lui, parle d’ « une démarche réflexive de construction de sens à votre vie et dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de vie significatif ».  Plus formellement, les objectifs du programme sont libellés dans les fiches signalétiques des universités participantes comme suit :

  • Construire un nouveau sens à sa vie personnelle et sociale à une étape importante de la vie
  • Amener la personne participante à préciser son projet de vie
  • Poursuivre le développement de sa pensée critique

Les grandes lignes du programme :

  • Travail personnel (contenus théoriques prenant la forme de textes, d’entrevues sur CD et DVD) entrecoupé de rencontres de groupe (ateliers, séminaires) . Ces rencontres ont lieu à Rimouski et à Lévis (UQAR), à Trois-Rivières (UQTR), à Montréal et à Québec (Téluq)
  • Les cours sont planifiés pour être pris dans une séquence prédéterminées; les cohortes sont donc fermées et se suivent tout au long du programme.
  • Chacun des trois premiers cours est offert par une université différente; un étudiant inscrit à une université devra donc suivre au moins un cours dans une autre institution.
  • Chaque cours est sous la responsabilité d’un professeur. L’encadrement est assuré par des chargés de cours (UQTR et UQAR), ainsi que par des chargés d’encadrement (Téluq). Le groupe est aussi présenté comme un élément de l’accompagnement offert aux participants.
  • L’évaluation des apprentissages prend la forme de travaux personnels de réflexion (synthèses, essais, journal de bord, etc.)
  • Un colloque est organisé aux deux ans, réunissant des étudiants actifs et des étudiants diplômés

Une telle initiative est intéressante à bien des points de vue: elle rejoint une clientèle peu sollicitée par les programmes conventionnels; la cohorte fermée favorise le sentiment de cohésion et d’appartenance; la formation conçue à l’échelle d’un programme permet d’aller plus loin qu’une succession d’activités individuelles de courte durée. Sans compter le colloque, une formidable façon de consolider les liens créés avec ces étudiants (présents et diplômés), une clientèle qui sera potentiellement intéressée à l’offre de formations non créditées offertes aux retraités par chacune de ces institutions. Pour les professeurs et chargés de cours impliqués, ce programme vient peut-être nourrir leurs activités de recherche; trois des chargés de cours impliqués à la Téluq viennent d’ailleurs de faire paraître un ouvrage sur les histoires de vie.

Par contre, le fait de présenter ce programme de 2e cycle au même titre que les autres programmes de 2e cycle offerts par chacune des institutions soulève bien des questions. Lorsqu’on consulte les sites des universités, le décalage est manifeste; clairement, il s’agit de deux types de formations aux visées et aux modalités bien distinctes qui gagneraient à être départagées.

Sources :

Site internet du Programme court de deuxième cycle «Sens et projet de vie»

Mario Bélanger, « L’UQAR souhaite démarrer le programme « Sens et projet de vie », UQAR-Info, 13 mai 2011.

Denis Gilbert, «Trois chargées d’encadrement du programme Sens et projet de vie publient un ouvrage », Le Sans Papier, 29 septembre 2011.

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Rapport d'étonnement : Les nouveaux territoires narratifs

Commentaires

  1. Catherine Vallières a écrit:

    Étonnante coïncidence; alors que ce billet attendait d’être finalisé – et publié – depuis quelques semaines (mea culpa), voici qu’au lendemain de sa parution paraît court article sur le sujet dans Affaires Universitaires: http://www.affairesuniversitaires.ca/universite-pour-redonner-un-sens-a-sa-vie.aspx

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