L’AUCC souhaite élargir la perception que l’on a des universités

Il est évident pour tous que les universités ont comme missions premières l’enseignement et la recherche. L’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) juge cette perception trop limitée et elle souhaite que les gens puissent voir plus de potentiel dans les capacités des universités canadiennes à intervenir dans leur milieu et au plan national, voire international. C’est ce que déclarait Stephen Toope, recteur de l’Université de la Colombie-Britannique, lors de sa première allocution en tant que président du conseil d’administration de l’AUCC.

Cinq engagements envers les Canadiens

À cette occasion, il a principalement « présenté les cinq engagements suivants que les universités canadiennes s’apprêtent à prendre envers les Canadiens et qu’il a fallu une année de discussions pour élaborer :

  1. Élargir la vision de l’éducation afin d’englober l’ensemble du système d’éducation, de la maternelle au postdoctorat, parce que les universités font partie de ce système et qu’elles ne peuvent contribuer pleinement que si l’ensemble du système est sain et solide.
  2. Innover sur le plan de l’apprentissage, en tirant parti de la recherche en pédagogie fondée sur des données probantes, de nouvelles technologies et de toutes les occasions qu’offre la collectivité.
  3. Affirmer notre engagement envers l’excellence, en offrant un milieu d’apprentissage enrichi par la recherche et en favorisant la participation des étudiants issus de groupes sous-représentés, y compris les Autochtones et les Canadiens vivant en région rurale.
  4. Trouver des solutions aux grands problèmes mondiaux en continuant d’accroître les études aux cycles supérieurs et en adhérant à un solide programme de recherche. Pour les universités, cela signifie attirer les plus brillants cerveaux du monde et servir d’incubateur au talent canadien.
  5. Favoriser l’engagement et les partenariats en créant des liens avec des entreprises et des groupes communautaires. Par ces forces réunies, les universités pourront effectuer des projets complexes de portée mondiale et accélérer le rythme de la recherche. »

Lors des discussions qui ont suivi, on a soulevé la capacité des universités à participer efficacement à des débats publics sur des dossiers d’actualité, sociaux ou politiques. Pour ce faire, M. Toope a mentionné en entrevue « que les dirigeants universitaires peuvent […] tirer profit de leur « fonction de rassembleur », en réunissant les intervenants des secteurs privés et publics susceptibles d’engendrer le changement ».

À titre d’exemple, c’est l’approche qui a mise de l’avant pour « améliorer le traitement offert aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale et de dépendance dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver. L’AUCC a fait un pas dans cette direction en invitant un groupe d’experts à discuter des transformations nécessaires au sein du système de santé canadien et du rôle des universités dans ce dossier. La table ronde de deux heures a été webdiffusée en direct (l’enregistrement de même que les entrevues réalisées avec des experts sont toujours accessible sur le site Web de l’AUCC). Selon Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal, qui a animé la table ronde, les universités sont souvent perçues comme un lieu d’enseignement et de recherche, alors qu’elles sont bien plus que ça. Elles jouent en effet un rôle important au sein du système de santé en « aidant les organismes et les gouvernements à faire des choix stratégiques judicieux » ».

Déclaration sur la liberté universitaire

Les recteurs ont profité de la rencontre pour adopter à l’unanimité une nouvelle déclaration sur la liberté universitaire, mettant ainsi à jour l’anicienne qui datait de 1988. « La nouvelle déclaration, accessible sur le site de l’AUCC, définit la liberté universitaire comme « la liberté d’enseigner et de s’adonner à la recherche au sein du milieu universitaire » et ajoute qu’elle est « indissociable » du mandat des universités. La déclaration distingue la liberté universitaire, qui repose sur l’enseignement et la recherche, du concept plus vaste de liberté d’expression, qui est protégée par la Charte canadienne des droits et libertés. Elle précise que la liberté universitaire doit reposer sur « l’intégrité des établissements, sur des normes rigoureuses en matière de recherche et sur l’autonomie des établissements ». »

En conclusion, on comprend bien que l’AUCC donne le ton et désire vivement un mouvement général des universités canadiennes pour qu’elles s’impliquent davantage dans leur milieu respectif, tout en participant avec d’autres grands penseurs et décideurs à l’instauration d’actions visant à améliorer le monde et les conditions des personnes qui y habitent. On couvre donc large, entre le local et l’international. Il sera vraisemblablement impossible pour tous les établissements de couvrir tous les fronts, mais l’effort fourni servira sûrement à « démocratiser » l’image de l’université, lui attribuant un rôle actif et efficace dans la société, au-delà de la transmission de la connaissance et des recherches de pointe.

Source : BERGOWITZ, Peggy. « L’AUCC établit cinq engagements envers les Canadiens », Affaires universitaires, 23 novembre 2011.

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