Les TBI : pour offrir plus qu’un ordinateur lors d’apprentissages, expérience en cours

Dans le cadre d’un projet-pilote en cours depuis l’automne 2011 à l’école Dalbé-Viau, de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeois, à Lachine, les élèves disposent de six tableaux blancs interactifs (TBI) pour effectuer leurs apprentissages en plus d’un ordinateur portable. Expliqué par Pascale Breton dans son article, ce projet, qui s’adresse actuellement aux classes de la première à la troisième secondaire, s’insère dans le Programme d’enrichissement des apprentissages informatisés (PEAI) et a nécessité un investissement de 80 000 $.

Les objectifs recherchés sont de faciliter la compréhension de concepts plus abstraits auprès des élèves, notamment en sciences, et ainsi de favoriser leurs apprentissages. L’idée de base est que les élèves disposent presque tous d’un ordinateur à la maison et que celui-ci n’est vu principalement que comme un accès à Facebook, MSN et à des jeux vidéo. À cet âge, l’ordinateur est peu associé au processus d’apprentissage. Fait intéressant, les élèves inscrits au PEAI doivent suivre deux cours supplémentaires pour savoir bien utiliser les logiciels Word et Excel, deux applications courantes de bureautique, et être fonctionnels en informatique… comme quoi ce n’est pas une habileté inhérente à leur génération née pourtant dans un environnement numérique.

Pour ce projet, on a adapté et informatisé le programme pédagogique des différentes matières, ce qui a probablement nécesssité un réajustement important pour plusieurs enseignants. Pour l’instant, les commentaires des enseignants sont positifs et les élèves se disent motivés. Même si les élèves sont très rapides à la saisie au clavier et semblent en connaître beaucoup plus que leurs parents avec les nouvelles technologies, on rappelle à ceux-ci leur rôle important d’accompagnateur dans la réflexion que leurs enfants doivent faire, au même titre que s’ils faisaient un devoir sur une feuille de papier.

Deux choses à retenir : d’une part, le virage significatif qu’aident à prendre les TBI à l’ordre secondaire dans l’appropriation des TIC, bien au-delà de ce que l’introduction d’un ordinateur portable, voire une tablette numérique semblent faire jusqu’à maintenant; d’autre part, la prise de conscience que certains établissements d’enseignement font pour soutenir leurs élèves dans cette  appropriation en leur donnant des bases solides sur des applications courantes qu’ils utiliseront tout au long de leur cheminement scolaire.

On peut donc s’attendre à retrouver à l’université d’ici cinq ans, des élèves bien au fait des technologies et plus outillés à en exploiter les raffinements. Mais une question demeure : est-ce qu’en 2011, on peut encore motiver « naturellement » des élèves au sujet d’une matière sans artifice technologique? À l’ordre secondaire, on peut imaginer que l’effet de nouveauté crée un engouement et permet à des écoles de se démarquer. La conséquence par ailleurs peut être de mettre de la pression sur le système d’enseignement qui suit : collégial et universitaire, là où encore, la compétitivité est omniprésente pour l’inscription d’étudiants, en plus de devoir poursuivre une stimulation informatique amorcée depuis un certain nombre d’années.

Source : BRETON, Pascale. « Apprendre aujourd’hui dans une classe de l’avenir », article publié dans La Presse (Montréal), mercredi 16 novembre 2011, p. A5 et en ligne.

Autre article récent sur le même sujet : GAULIN, Francheska. « Les étudiants de l’UdeS formés aux TBI? », publié dans L’Éveilleur, 15 novembre 2011.

Liste de logiciels pour les tableaux blancs interactifs ainsi qu’une description et une cote d’évaluation sur le site de Logiciels éducatifs, en date du 23 novembre 2011.

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