Nouveaux programmes universitaires au Québec en 2011-2012 : tour d’horizon

Dans le cahier nommé Portfolio du journal La Presse du mardi 15 novembre 2011, un groupe de journalistes font un bon tour d’horizon des nouvelles offres de pédagogie novatrice ou de programmes universitaires avec lesquelles les établissements d’enseignement de cet ordre souhaitent se distinguer les uns des autres.

Voici les grandes lignes par établissement universitaire en ordre alphabétique :

École de technologie supérieure (ETS) : Dans le cadre d’un projet-pilote, à compter de l’été 2012. l’ETS dispensera par vidéoconférence [sic] l’enseignement du cours obligatoire d’introduction à la recherche. Évidemment, l’objectif est d’aller recruter les chercheurs ou les aspirants chercheurs jusque dans leur lieu de travail et de les inciter à poursuivre pour l’obtention d’un diplôme. Une première expérience en ce sens a été offerte en septembre 2011 à une vingtaine d’étudiants inscrits au programme court du 1er cycle en planification et gestion de la maintenance.
Deux nouveaux programmes s’ajoutent également : un programme court de 2e cycle en ingénierie financière destiné aux gens qui n’ont pas nécessairement une expérience en finance; et un programme de maîtrise en projets internationaux visant des employés de firmes de génie-conseil qui ont des projets à l’étranger.

École nationale d’administration publique (ENAP) : Commençant à la session d’hiver 2012 : la maîtrise et le DESS en administration publique, option pour gestionnaires, avec la concentration en gestion des services de santé et des services sociaux. Un préalable de deux ans d’expérience comme professionnel en santé est demandé afin de permettre notamment un meilleur partage des différentes problématiques inhérentes à ce milieu de travail.

École de polytechnique de Montréal : Depuis l’automne 2011, l’École offre aux ingénieurs diplômés et aux autres professionnels d’horizons différents mais intéressés par l’ingénierie « une formation en ingénierie des systèmes de santé, donnée dans le cadre de la maîtrise en génie industriel ». L’objectif est de « transférer les découvertes des établissements universitaires dans les hôpitaux pour améliorer l’efficacité du système de santé, écrasé par le poids du vieillissement de la population ».
Autre nouveau programme : la « maîtrise en gestion des projets en ingénierie civile, destinée aux ingénieurs déjà en exercice ».
Pour les étudiants en cours de leur formation, on leur offre depuis août 2010 la possibilité de devenir membre d’une « société technique », sorte de club de l’innovation baptisé Polyprojet qui réunit actuellement environ 30 étudiants dans le but de stimuler leur créativité.

HEC Montréal : Les étudiants inscrits au baccalauréat en administration des affaires ont le choix entre un parcours en français, un parcours bilingue (anglais-français), voire trilingue (espagnol-anglais-français). Cela vise à répondre aux besoins d’une clientèle constituée à 35 % d’étudiants internationaux et aussi préparer les étudiants québécois au milieu des affaires à l’étranger. Grâce à une entente avec une centaine d’autres universités à travers le monde, l’étudiant peut séjourner un trimestre dans un autre établissement de son choix.
Autre programme en voie d’approbation par le MELS : une maîtrise en management des entreprises culturelles offrant aux personnes oeuvrant dans les organismes culturels une formation en gestion.

Université Bishop’s : Dans le cadre du programme de 1er cycle en administration à la Williams School of Business, à l’Université Bishop’s, des gens d’affaires du Canada et des États-Unis sont invités à venir donner des présentations pour expliquer aux étudiants ce qu’ils vivent en entreprise et les étudiants doivent par la suite leur proposer des solutions. Ce côté pratique ainsi que des stages en entreprise maintiennent l’intérêt pour ce programme. Une mineure en entreprenariat est aussi disponible pour des étudiants qui étudient dans un autre domaine, mais qui souhaitent acquérir des cconnaissances en administration.
De plus, l’Université Bishop’s a initié il y a quatre ans un programme d’études internationales avec un nombre croissant d’inscriptions. La première année reste générale avec des cours variés en politique, en économie, en environnement, etc. Durant la deuxième année, on fait l’apprentissage de langues étrangères au choix parmi l’italien, le japonais, l’espagnol, le français ou l’allemand. En troisième année, des ententes avec d’autres universités à l’étranger permettent des séjours de six mois à un an pour ceux qui le désirent.

Université de Concordia : Situés dans l’ouest de Montréal, sur le campus Loyola de l’Université de Concordia, deux nouveaux centres de recherche, l’un sur la santé, centre PERFORM, et l’autre sur la génomique. « Le Centre PERFORM sur la santé fusionnera la recherche comportementale, la nutrition, la thérapie du sport, la science de l’exercice, la psychologie et la physiologie. […] Le Centre de génomique structurale et fonctionnelle mènera pour sa part des recherches sur la conversion de déchets verts en carburants durables dans le but de réduire la dépendance de notre société aux énergies non renouvelables. »

Université de Montréal : Pour les pharmaciens étrangers en attente d’une intégration dans le marché québécois, l’Université de Montréal offre depuis l’automne 2011 un programme de formation d’appoint conçu spécialement pour eux. L’actuelle formation dure 16 mois répartis en trois trimestres dont durant le dernier, deux stages en milieu communautaire et en établissement de santé.
Autres nouveautés : un microprogramme de 2e cycle en compétences professionnelles et une mineure en études de jeu vidéo.
Nouveau campus à Laval depuis l’automne 2011 offrant une bonne variété de programme de certificats, de baccalauréats et de microprogrammes de 2e cycle ainsi que des DESS.

 Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) : Le baccalauréat en chimie des produits naturels. L’UQAC tire un grand avantage de sa proximité avec la forêt boréale où elle envoie ses étudiants faire du terrain.
Deux autres changements : à compter de l’automne 2012, l’Université McGill offre par extension un nouveau programme de baccalauréat en sciences (réadaptation) et le baccalauréat en intervention plein air a subi une refonte pour mieux s’adapter aux besoins du marché en matière de tourisme d’aventure et d’écotourisme.

Université du Québec à Montréal (UQAM) : Déjà amorcée en 2006 pour contrer la pénurie d’enseignants dans des secteurs comme le français ainsi que les sciences et technologies, la création de programmes de maîtrises qualifiantes offertes par l’UQAM inclut maintenant une nouvelle maîtrise en enseignement des arts. Cette dernière « est réservée exclusivement aux enseignants en exercice du primaire et du secondaire détenteurs d’un baccalauréat disciplinaire en art dramatique, en arts visuels et médiatiques, en danse et en musique qui ne sont pas légalement qualifiés pour enseigner ». Les cours sont offerts en soirée, durant la fin de semaine et pendant l’été pour s’ajuster à l’horaire des enseignants.
Autre nouveau programme : depuis l’automne 2011, le doctorat en santé et société, doctorat interdisciplinaire qui « s’intéresse aux déterminants sociaux de la santé et à leur interaction ». Les étudiants peuvent provenir « de domaines variés comme la neurologie, la sociologie, la gestion, l’ergonomie, la psychologie, l’éthique, la philosophie, le droit, les communications ou encore les services sociaux ».

Université du Québec à Rimouski (UQAR) : À une seconde cohorte consécutive, l’UQAR offre un programme unique, le baccalauréat en chimie de l’environnement et des bioressources. Populaire, ce baccalauréat oriente l’étude de la chimie plus près de la réalité de fâçon verte. De plus, il est donné en deux ans et demi sans interruption l’été.
De plus, une nouvelle « chaire de recherche du Canada en géologie marine, dont les travaux porteront sur les fonds marins et les sédiments ».

Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) : « En 2012, [l’UQAT] implantera deux instituts de recherche spécialisés dans les mines, l’environnement et la foresterie. » Pour joindre le plus grand nombre de personnes intéressées par ces disciplines, on utilisera l’une des 23 salles de visioconférence.
Nouveaux programmes : le baccalauréat avec majeure en création 3D et une mineure en design de jeux vidéo; depuis septembre 2011, une maîtrise en art-thérapie, la seule en français et dispensée à Sherbrooke, Gatineau et Rouyn-Noranda; le microprogramme de 2e cycle en approche clinique en santé mondiale, offert à distance aux professionnels de la santé du monde entier.

Université du Québec en Outaouais (UQO) : Pour souligner les 30 ans de l’UQO, on espère voir la création d’un Institut des sciences de la forêt feuillue tempérée ouvrant ainsi la voie à des formations en sciences naturelles.
Programme distinctif : le baccalauréat coopératif en relations industrielles pour former des spécialistes appelés à résoudre des problèmes relatifs à la sécurité au travail, au harcèlement psychologique, etc.

Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) : dans la liste des nouveaux programmes à l’automne 2011, on note la maîtrise en orthophonie offerte à temps plein sur une période de deux ans; le programme court de 2e cycle en chiropratique sportive en mode de formation à distance; la maîtrise en enseignement; la maîtrise en orthopédagogie, le baccalauréat en génie, avec la concentration en mécatronique; et la maîtrise en génie mécanique. À cela s’ajoute à compter de l’automne 2012, un baccalauréat en arts et nouveaux médias.

Université de Sherbrooke : Quatre nouveaux programmes depuis l’automne 2011 : tout d’abord, le baccalauréat en études de l’environnement en mode de régime coopératif (stages/études) qui s’avère le premier en français au Canada parmi 70 autres en anglais.
S’ajoute le doctorat en psychoéducation orienté sur les difficultés de comportement et l’intervention psychoéducative. La thèse de doctorat peut être élaborée en partenariat avec les écoles, un centre jeunesse ou de toxicomanie.
Enfin, deux nouveaux doctorats complètent la liste : le doctorat en économie du développement et le doctorat en philosophie pratique.

Université Laval : En complément à un doctorat semblable offert par l’UdeM, l’Université Laval dispense depuis l’automne 2011 un doctorat de premier cycle en pharmacie, dans une approche par compétences, pour répondre aux besoins d’étudiants venant de l’est du Québec.
Nouveau projet pour l’automne 2012 : un baccalauréat en criminologie, seulement offert actuellement en Ontario. En attendant les étudiants peuvent s’inscrire au certificat en criminologie en cours depuis l’automne 2011. Le baccalauréat permettra aux finissants de produire un plan d’intervention et de le mettre en application « auprès des personnes contrevenantes, de leurs proches ainsi qu’auprès des victimes et des groupes criminalisés ».
Autre nouveauté : la Chaire en théologie sacramentaire et en liturgie, première création du programme de Chaires de leadership en enseignement visant à permettre à une entreprise de s’associer à l’université pour mettre sur pied un programme qui viendra combler ses besoins de main d’oeuvre. Cette entreprise accepte de payer « pendant cinq ans la moitié du salaire d’un enseignant dans son secteur d’activité ».

Université McGill : En partenariat avec des universités en région, création de trois nouveaux programmes de 2e cycle en sciences de la santé : sur les campus de l’UQAT et de l’UQO, une maîtrise destinée à former des infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne; à l’UQAC, une maîtrise en physiothérapie.
À partir de son campus à Montréal, depuis l’automne 2011, une maîtrise en santé publique; un baccalauréat multidisciplinaire en neurosciences pour des carrières en médecine, dans la prestation de services de santé mentale ou en recherche industrielle ou universitaire; « un certificat de 2e cycle en gestion de la douleur chronique; un programme multidisciplinaire de BAC en science du globe, axé sur l’étude des problématiques scientifiques planétaires; et un certificat d’études supérieures en interprétation musicale.
Prochaine annonce de création de programme : celui de 2e cycle en thérapie conjugale et familiale, possiblement dès l’automne 2012.

De façon générale, les domaines d’études prédominants dans les nouveaux programmes sont la santé, l’environnement et l’administration.
En conclusion, on constate visiblement qu’avant même de concevoir de nouveaux programmes, les universités respectives sont très innovatrices pour se trouver un nouveau créneau d’enseignement qui leur permettra de se faire remarquer parmi les centaines d’autres programmes. Elles veulent toutes séduire un bassin d’étudiants qu’on essaie aussi de renouveler avec des inscriptions venant de l’international ou par des personnes déjà au travail, désireuses d’améliorer leurs connaissances, voire leur employabilité. Jusqu’où cette multiplication de programmes pourra-t-elle aller sans que le fractionnement des groupes nuise à l’université elle-même qui en est l’instigatrice? 

SOURCE : Liste des sources journalistiques du cahier Portfolio du journal La Presse (Montréal) du mardi 15 novembre 2011 :
BOURQUE, Annie : ETS, HEC Montréal, Université de Sherbrooke, UQO, UQAC, UQAT, Université Bishop’s.
DUCHAINE, Gabrielle : INRS, Université McGill, Université Concordia, École polytechnique de MontréalUQAR.
LAPERRIÈRE, Émilie : UQAM, Université de Montréal, Université Laval, ENAP, UQTR.

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