De la recherche au premier cycle : une voie privilégiée pour réformer l’enseignement universitaire

Longtemps cloisonnée aux cycles supérieurs, la recherche investit graduellement les programmes de premier cycle. C’est particulièrement manifeste dans les programmes de formation scientifique; la façon d’enseigner les sciences au niveau du baccalauréat fait l’objet de multiples réflexions, et une voie adoptée par un nombre croissant d’institutions réside dans des activités d’initiation à la recherche dès le premier cycle.

L’Association of American Universities (qui représente 59 des plus grandes universités américaines en recherche) cible, parmi les moyens qu’elle préconise pour améliorer la formation en sciences, une plus grande implication des étudiants du premier cycle dans les laboratoires de recherche. On trouve un projet révélateur de cette idée au Royaume-Uni, où l’initiative  Student as Producer (University of Lincoln) offre des bourses aux étudiants de premier cycle pour les faire participer aux projets de recherche en cours. L’université met également de l’avant une approche intitulée « Research-engaged teaching », qui prévoit l’intégration d’activités de recherche – ou d’activités qui s’en inspirent -dans les programmes de premier cycle.

Le Canada n’est pas en reste : parmi les initiatives retenues dans le cadre des pratiques novatrices présentées par l’AUCC cet automne, on trouve le programme iSci (Integrated Science Program) de l’Université McMaster, un baccalauréat de 4 ans, couvrant 6 disciplines scientifiques et initiant les étudiants de premier cycle à la recherche. On trouve également à l’Université d’Ottawa le programme d’initiation à la recherche au premier cycle, qui rend disponible un financement permettant aux chercheurs d’impliquer des étudiants de premier cycle dans ses activités de recherche. Dans son numéro spécial consacré au classement des universités canadiennes, le magazine Macleans propose un article fait état d’une dizaine d’expériences similaires en sciences, en génie et en sciences de la santé, mais également en sciences humaines et en sciences sociales.

Plus près de nous, cette tendance se fait également sentir à l’Université de Sherbrooke. À preuve le nombre croissant de cheminements intégrés baccalauréat maîtrise, où des étudiants amorcent leurs travaux de recherche alors qu’ils complètent leur baccalauréat. On trouve également le programme de bourses de recherche de 1er cycle en milieu universitaire du CRNSG, permettant aux étudiants de premier cycle de travailler dans un laboratoire de recherche, de même que des activités pédagogiques d’initiation à la recherche intégrées à certains programmes de baccalauréat. Toutes ces initiatives suggèrent qu’ici comme ailleurs, le mouvement d’intégration de la recherche à l’enseignement de premier cycle prend de l’ampleur.

Sources:

Paul Basken, « AAU to take up challenge of improving undergraduate science teaching », The Chronicle of Higher Education, 14 septembre 2011.

Jean-Sébastien Dubé, « Rendre les étudiants producteurs pour sortir du piège consumériste« , L’Éveilleur, 19 août 2011.

Geoghegan, Peter, « Producers, not consumers », Times Higher Education, 28 avril 2011

Eliminating the Research and Teaching Divide: McMaster University’s iSci Program », site web de l’Association des Universités et Collèges du Canada (page consultée le 17 octobre 2011).

Jean-Sébastien Dubé, « Un programme d’initiation à la recherche au 1er cycle à l’Université d’Ottawa« , L’Éveilleur, 14 avril 2011.

« Le premier Symposium du PIRPC remporte un franc succès », Communiqués de presse de l’Université d’Ottawa, 12 avril 2011.

Emma Teitel, « No master’s needed », Macleans on campus, 9 novembre 2011.

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