La reconnaissance des professeurs de grande qualité, valeur du SSF

Ma collègue Sonia Morin a fait mention dans plusieurs articles, notamment dans son dernier du 8 novembre 2011, de l’existence dans certains établissements universitaires de postes de professeurs centrés sur l’enseignement par opposition au cadre habituel impliquant de la part du professeur qu’il soit à la fois enseignant et chercheur actif.

Il est évident que dans ce contexte, la recherche sur la pédagogie universitaire n’est souvent pas reconnue au même titre que la recherche disciplinaire à moins de relever directement de la Faculté d’éducation. Par ailleurs, pour faire progresser de façon significative les innovations pédagogiques, il importe que les professeurs qui le souhaitent puissent s’investir dans cette démarche avec la même reconnaissance qu’ils auraient s’ils le faisaient sur un sujet disciplinaire et que par la suite, ils soient invités à partager leurs démarches entre membres du personnel enseignant.

Dans son article, aussi du 8 novembre 2011, « La promotion des meilleures pratiques et la formation continue des enseignants : inséparables », Denys Lamontagne propose  justement que l’on donne une tribune à ces professeurs qui se démarquent et que tous et chacun puissent profiter des réalisations et des innovations pédagogiques des autres.

Pour évaluer la proportion d’enseignants dans une population, on prend normalement le nombre total de personnes et sachant que de ce nombre, environ 15 % fréquente l’école jusqu’à l’université (entre 6 de 20 ans), « on en arrive entre 0,7 % et 0,8 % de la population qui serait composée d’éducateurs, d’enseignants, de professeurs ».  Denys Lamontagne ajoute qu’« [à] l’échelle mondiale, on aurait donc environ 56 millions d’enseignants. À l’échelle de la France, autour de 580 000 enseignants, du Québec autour de 65 000 enseignants, du Maroc environ 250 000 enseignants, du Cameroun, 150 000, etc. En prenant 1 % de professeurs exceptionnels parmi ceux-ci qui seraient mis en valeur, on en obtient tout de même des milliers.  De quoi remplir un bulletin de bonnes nouvelles à chaque jour, tous les jours de l’année. »

Il souligne qu’il serait important de mieux faire connaître ce 1 % de professeurs remarquables,  qu’il qualifie d’ailleurs de « remarquables discrets ». À son avis, leur nombre est probablement plus près du 10 %, selon ce qu’on considère  comme « remarquables » : pédagogues extraordinaires, spécialistes disciplinaires de référence, praticiens relevant des défis exceptionnels, innovateurs, meneurs, communicateurs, organisateurs, etc.

Denys Lamontagne suggère de trouver des moyens et des moments afin de s’inspirer de l’un et de l’autre. Il est certain qu’il y a des contraintes de disponibilité en fonction des tâches respectives d’enseignement. Pour aider à amoindrir ces obstacles, il propose de réfléchir à des voies de communications qui aideraient l’amélioration professionnelle et qu’on alloue du temps d’échange et de partage à cette fin. Dans son esprit, « [l]a fonction « promotion des meilleures pratiques » est intimement corrélée à la fonction « formation professionnelle continue » des professeurs.  Prévoir l’une ET l’autre donne des résultats supérieurs et un meilleur ROI (Return on investment), sans compter une plus grande satisfaction des professeurs et une meilleure école en général. Les meilleures écoles le font, les meilleures initiatives de partage prévoient et encouragent les échanges… »

C’est aussi dans cette optique que travaille le Service de soutien à la formation (SSF) depuis plusieurs années en ayant mis sur pied un Mois de la pédagogie universitaire qui, depuis 2005, consacre le mois d’avril à la mise en valeur de nouvelles approches pédagogiques et de projets innovants dans le domaine. À titre d’exemples, des échanges entre équipes professorales ont lieu autour des projets soutenus par le FAPU (Fonds d’appui à la pédagogie universitaire) et les Grandes Entrevues soulignant l’apport très remarquable de professeurs parmi les neufs facultés de l’Université de Sherbrooke. Sur une base continue, une équipe de conseillères et conseillers pédagogiques travaillent de pair avec un ou des membres du personnel enseignant et leur offrent un soutien-conseil pour revoir les pratiques d’enseignement, mieux intégrer les technologies de l’information et de la communication, mettre en place de nouvelles façons d’enseigner, etc. Enfin, le Carrefour de l’information, créé en 2001 et associé au SSF, a justement dans son mandat d’être un lieu d’échanges et de partages actifs pour la communauté universitaire, notamment pour tous les sujets ayant trait à la pédagogie.

La suggestion de Denys Lamontagne ne peut qu’être inspirante pour continuer dans cette direction et multiplier les invitations à partager les bons coups pédagogiques à l’interne de l’Université de Sherbrooke. Ceci permettra également de mieux reconnaître le temps et l’énergie que des professeurs et des chargés de cours investissent avec passion pour améliorer la pédagogie universitaire.

Source : LAMONTAGNE, Denys. « La promotion des meilleures pratiques et la formation continue des enseignants : inséparables », artcile publié dans Thot Cursus, 8 novembre 2011.

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